samedi 27 mai 2017

'Salem's Lot (1975)

Avant de lire le cinquième tome de La Tour sombre de Stephen King, j'ai décidé de lire 'Salem's Lot sur les bons conseils de Grominou et de son billet sur Les Loups de la Calla.

Tentative de photo bucolique pour livre ténébreux.

L'intrigue

L'écrivain Ben Mears revient à Jerusalem's Lot, une petite ville paisible du Maine où il a passé une partie  de son enfance, afin d'affronter quelques vieux démons et d'écrire un nouveau roman. Il apprend  avec déception que la "maison hantée" locale, une vieille bâtisse abandonnée dont le dernier propriétaire s'est pendu et dans laquelle il espérait loger, vient d'être louée, mais s'installe néanmoins en ville où il ne tarde pas à rencontrer une jeune femme nommée Susan [rapport à La Tour sombre: tiens tiens tiens, une Susan!] qui lit justement un de ses romans. En parallèle, un petit garçon disparaît dans les bois et son frère est incapable de dire ce qu'il leur est arrivé. Il ne se souvient de rien. Puis les faits mystérieux se multiplient, la mortalité explose à 'Salem's Lot et beaucoup d'habitants semblent atteints d'une drôle de grippe qui les fait dormir toute la journée...

Mon avis

'Salem's Lot est le deuxième roman de Stephen King et un de ses livres mythiques qui en ont fait le grand maître de l'horreur de la fin du XXe siècle. Malheureusement, après l'enthousiasme lié à La Tour sombre et à ma relecture des Yeux du dragon, ce roman m'a ramenée à mes retenues préalables sur cet écrivain dont je dis depuis des années que je le connais peu et ne l'aime pas vraiment – à l'exception toutefois de La Ligne verte, qui est un de mes livres préférés.

En gros, j'ai trouvé la lecture un peu raplapla, le comble pour un livre qui m'a quand même incitée à laisser la lumière allumée dans le couloir une nuit où j'étais seule chez moi. La rédaction est un peu trop linéaire et emploie des procédés un peu trop visibles, comme le fait de terminer un chapitre sur les mots "Il se retourna et se mit à hurler" ou de s'arrêter en plein cliffhanger pour reprendre l'action en flash-back plus tard. C'est efficace, hein, mais c'est un peu trop "recette de cuisine" et surtout c'est employé trop souvent pour conserver cette efficacité.

À partir de la moitié du livre environ, j'ai aussi trouvé qu'on suivait Dracula de trop près, avec Matt, le professeur d'anglais, qui devient soudain un spécialiste des vampires comme Van Helsing et Susan qui se fait mordre et qu'il faut donc achever comme Lucy (avec un petit passage assez paternaliste dans lequel Matt explique à Ben qu'il lui revient de la libérer parce qu'il est symboliquement "son mari"....).

J'ai aussi trouvé dommage que la "maison hantée" soit relativement laissée de côté. Je pensais qu'elle tiendrait un plus grand rôle que cela et en attendais beaucoup à cause d'une autre maison du même genre croisée dans le troisième tome de La Tour sombre, qui respirait la malignité.

Enfin, ma dernière réserve: j'ai eu beaucoup de mal à bien identifier les nombreux habitants de 'Salem, qui sont parfois cités à des centaines de pages d'écart. (Mais je comprends l'intérêt de montrer les diverses réactions et situations des uns et des autres, hein, ça donne énormément de profondeur et de réalisme à la ville.)

Bien sûr, il n'y a pas que du négatif. La figure du vampire-prédateur est intéressante et on pourrait sûrement y voir plein de symboles. On est loin ici des vampires raffinés d'Anne Rice, il y a quelque chose de nettement plus primordial (même si l'aspect sexuel n'est jamais loin). Il est aussi intéressant de voir le vampirisme comme une sorte d'épidémie face à laquelle la ville ne peut pas vraiment se défendre; le temps que quelqu'un se rende compte que quelque chose ne va pas, les vampires ont déjà mordu de-ci de-là et le processus est inarrêtable.

J'ai aussi été très surprise par le sort du prêtre catholique, Callahan. J'avais imaginé plusieurs hypothèses mais pas du tout celle-là!

Et puis, comme je l'ai dit plus haut, j'ai laissé la lumière allumée dans le couloir un soir où j'étais seule. On ne sait jamais. Quelqu'un ou quelque chose pourrait rentrer dans l'appart avant le retour de mon homme. Hein. Il vaut mieux prendre des précautions. Donc l'efficacité du bouquin est réelle. Et puis j'ai super envie de relire Dracula et les nouvelles de King qui reprennent ce thème, Jerusalem's Lot et One for the Road, et j'ai donc sorti le recueil Night Shift de ma bibliothèque. Mais là maintenant, je peux surtout passer au tome 5 de La Tour Sombre! 😜😜

8 commentaires:

  1. Bon j'ai bien fait de me contenter de Wikipédia alors :D.
    Je pense que tu vas trouver que Les loups viennent enrichir un peu Salem (enfin c'est l'impression que ça m'a donné). Enfin tu vas voir quoi !

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    1. Hoho!! Hâte de voir ça. Malheureusement je me suis embarquée dans un gros bouquin italien ennuyeux à mourir, je ne suis toujours pas prête de reprendre La Tour sombre.

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    2. Damned ! Tu ne m'en voudras pas de publier ma chronique en avance du coup ? (enfin quand elle sera écrite xD)

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    3. Ha non non! Vas-y! À la limite je ne la lis pas! :)

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  2. Le côté profondeur donnée à la ville en parlant de ses habitants, c'est un truc qu'on retrouve dans Bazaar décuplé au centuple. Il a ses petits gimmicks le King :p
    Salem ne fait clairement pas partie de mes préférés de King mais j'avoue que je ne me souviens pas du tout de l'histoire.

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    1. Il y a aussi quelque chose du genre dans le tome 4 de la Tour sombre, mais bien plus léger. Je commence à repérer quelques habitudes mois aussi avec ces six romans de lui depuis janvier! :)

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  3. Du coup tu m'enlèves un peu mes regrets! ;)
    Bonne lecture du tome 5!

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    1. Haha j'ai pensé à toi en effet, je me suis dit que ce n'était pas forcément bien grave de lire Les Loups de la Calla sans Salem. Là j'ai commencé Les Loups justement et je suis très contente de retrouver Callahan! :)

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