mardi 20 juin 2017

King Solomon's Mines (1885)

Quelle belle surprise que de trouver dans une bouquinerie angevine Les Mines du Roi Salomon de Henry Rider Haggard, écrivain que j'ai découvert l'année dernière avec Elle et que je voulais relire depuis!
 

Les Mines un roman d'aventures typique de la fin du XIXe qui m'a beaucoup rappelé Arthur Conan Doyle et Jules Verne (exception faite de l'aspect scientifique de l’œuvre de ce dernier). J'apprends d'ailleurs en lisant la page Wikipédia qu'il s'agit du tout premier roman anglais situé en Afrique et qu'il a créé le genre du "monde perdu"; le lien avec Conan Doyle est donc particulièrement pertinent.

Je l'ai lu avec énormément de plaisir et le recommande sans hésitation.

Le ton est vite donné, lorsque le narrateur, Allan Quatermain, annonce qu'il va raconter "the strangest story that I remember". Ce chasseur d'éléphants anglais est basé en Afrique du Sud et, au fil de coïncidences improbables (disons-le), il rencontre un homme qui lui raconte l'histoire d'un Portugais parti sur les traces de son ancêtre, persuadé que celui-ci avait trouvé un trésor, un Noir qui lui explique qu'il accompagne son nouveau maître anglais sur les traces de ce même trésor et (tada! coïncidence!) le frère de cet Anglais, qui part à la recherche de son frère avec lequel il est brouillé depuis des années. Et voilà. Quatermain accepte d'accompagner Sir Henry Curtis, le frère donc, et le capitaine John Good dans un périple mortel, en remontant vers le nord et le cœur du continent africain, à la recherche des légendaires mines du roi Salomon, que le frère de Sir Henry aurait recherchées pour refaire sa fortune. Pour cela, il faudra quitter tous les territoires connus par l'homme blanc et traverser un désert aride et impitoyable, jusqu'à atteindre une chaîne de montagnes inconnue où commencerait la route de Salomon. Nos flegmatiques Anglais seront accompagnés par un mystérieux serviteur noir très désireux de participer à l'aventure.

Et voilà tout ce que j'ai aimé dans ce bouquin: de l'aventure, des personnages courageux (quoique Quatermain se définit à plusieurs reprises comme un froussard ^^), des contrées inconnues à une époque où la moitié de l'Afrique n'était même pas cartographiée, un royaume caché, un horrible méchant et une terrifiante sorcière très réussie, une guerre aux proportions épiques, des vestiges mystérieux d'une civilisation ancienne très avancée, et pour finir les tant attendues mines du roi Salomon, avec un passage digne d'un Indiana Jones, le tout merveilleusement désuet et raconté avec un certain humour, comme dans ce passage que je ne veux pas oublier:

"It seems cruel to rob the animal of his tail,
especially in a country where there are so many flies,
but it is better to sacrifice the tail and keep the ox than to lose both tail and ox,
for a tail without an ox is not much good, except to dust with."

Le livre ayant plus de 130 ans, il comporte aussi quelques éléments lourdement datés. Wiki m'informe que son ton était plutôt positif à l'encontre des Noirs, compte tenu de l'époque, mais les réflexions du genre "il était plutôt distingué pour un natif" piquent les yeux! Et puis on tue les éléphants avec enthousiasme, les amis des bêtes vont grincer des dents. Quant au seul personnage féminin "normal" (la sorcière étant particulière), il faut bien sûr la sauver, puis elle tombe amoureuse de son sauveur et le suit partout comme un chien fidèle, LOL.

Mais bon voilà, c'est le XIXe et c'est un récit d'aventures extrêmement sympa (si vous aimez le genre, s'entend).

Vous avez tilté sur le nom du narrateur? Vous croyez avoir déjà entendu parler d'Allan Quatermain ailleurs? Vous avez raison. Alan Moore l'a mis en scène dans La Ligue des gentlemen extraordinaires. Quant à Rider Haggard, il a écrit pas mal d'autres livres sur ce personnage, dont un qui fait le lien avec l’héroïne de Elle, donc j'espère bien continuer à explorer son œuvre! 💖

jeudi 15 juin 2017

Miss Harriett (1884)

Je continue d'explorer l’œuvre de Maupassant au hasard de mes trouvailles en bouquinerie. Presque un an après ma dernière lecture de l'auteur, j'ai enfin lu Miss Harriett, un recueil paru en 1884 qui somnolait dans ma PAL depuis un certain temps (genre deux ans?).


Miss Harriett (1883)
Une nouvelle triste et une chute un peu glauque dans la campagne normande. L'intro est typique de Maupassant: un narrateur anonyme pose un contexte (une promenade en calèche) et laisse rapidement la parole au véritable narrateur, qui raconte une histoire aux personnes présentes (les autres passagers de la calèche). Le ton est donné dès ses premiers mots: "Ce ne sera pas gai, mesdames; je vais vous raconter le plus lamentable amour de ma vie. Je souhaite à mes amis de n'en point inspirer de semblable."

L'Héritage (1884)
La nouvelle la plus longue du recueil (quasiment 100 pages) est très représentative de son époque avec ses petits employés qui attendent un héritage, son personnage féminin au mariage arrangé, son dîner de présentation et ses promenades en bord de Seine... Elle est aussi la plus cynique puisque tous les personnages sont très volages et hypocrites. C'était très sympa et je me suis demandée jusqu'au bout si cet héritage allait finir par tomber!

Denis (1883)
Là, je n'ai pas trop compris lol! C'est une histoire un peu bizarre entre un domestique et son maître. Je ne sais pas trop ce qu'il faut en tirer. Je pense que c'est du "Maupassant à la chaîne" pour publier dans les journaux.

L'Âne (1883)
Ici, c'est du Maupassant cruel et terrible, certainement le genre de texte qui rebute certains lecteurs. Je me suis sentie vraiment très mal, même si je savais d'emblée, rien qu'au titre, que ça ne finirait pas bien. C'est dans le genre de Coco, une nouvelle terrifiante de cruauté.

Idylle (1884)
Une nouvelle un peu barrée sur une idylle entre deux inconnus voyageant côte à côte dans un train. L'homme est un Italien partant chercher du travail en France; la femme est une nourrice qui n'a pas donné le lait depuis un ou deux jours et dont les seins sont douloureux. C'était vraiment chelou. Lol.

La Ficelle (1883)
Un texte qui fait son boulot mais n'a pas de charme particulier (peut-être un nouvel exemple de "Maupassant à la chaîne"). Elle reste dans le ton de l'écrivain avec son personnage naïf qui essaye désespérément de clamer son innocence, mais n'est pas mémorable.

Garçon, un bock!... (1884)
Même commentaire que pour la nouvelle précédente. L'homme qui commande bock sur bock est cependant l'inverse du Normand de La Ficelle puisqu'il est complètement désabusé après avoir vu, une fois, le côté sombre de la vie. Ça parle du choc quand on découvre la vérité sur ses parents et que celle-ci n'est pas très belle.

Le Baptême (1884)
Un texte sobre sur un baptême campagnard. Comme souvent chez Maupassant, tout tient dans la chute, que j'ai trouvé extrêmement émouvante.

Regret (1883)
L'histoire d'une occasion manquée dont on se rend compte trop tard, tellement trop tard... Je me suis un peu reconnue dans ce personnage qui contemple tristement sa vie "tout à fait ratée" et surtout dans cette remarque: "Combien de gens ratent leur vie par nonchalance." D'autant plus que j'ai laissé passer une occasion importante ces jours-là et que je pense que je n'en aurai pas d'autre (ou pas de sitôt). Mais bon on fait comme on peut au moment où il faut choisir...

Mon oncle Jules (1883)
Un texte triste, classique de Maupassant. J'ai ressenti beaucoup d'empathie pour le narrateur et son oncle Jules.

En voyage (1883)
Une histoire d'amour improbable et condamnée. Un texte touchant et efficace mais pas mémorable. Je ne sais pas trop ce qu'il fallait comprendre avec la réplique tronquée de la fin.

La Mère Sauvage (1884)
Située en pleine guerre franco-prusse, cette nouvelle rappelle bien sûr Boule de Suif, même si l'histoire n'a rien à voir, la Mère Sauvage étant une vieille femme française à qui on a "distribué" plusieurs soldats prussiens. Tout se passe bien jusqu'à ce qu'elle reçoive une lettre la prévenant de la mort de son fils soldat.

Ce recueil est intéressant puisqu'il permet de voir plusieurs facettes de Maupassant et de son "pessimisme cosmique": la cruauté absolue de L'Âne, l'intéressement petit-bourgeois de L'Héritage, le regret existentiel de Regret et Le Baptême.... Certains textes ne sont clairement pas majeurs dans son œuvre, mais l'ensemble vaut le coup si vous aimez l'auteur. Si vous ne le connaissez pas, par contre, je conseille toujours de lire Le Horla...

samedi 10 juin 2017

Liebster Awards

Le principe des Liebster Awards est de dire onze choses sur soi, de répondre à onze questions posées par la personne qui vous a nommé, de nommer soi-même onze blogueurs ou blogueuses et de leur poser onze questions.


Bon, techniquement, j'ai déjà répondu deux fois à ce tag (en 2013 et en 2014), mais comme j'adoooore parler de moi, je suis ravie de répondre aux questions de Tigger Lilly, blogueuse sur Journal d'une éclectique! 😊😊😊 En plus ce genre de billet permet de mesurer le chemin parcouru au fil des années et c'est souvent bénéfique!

Onze choses sur moi

1. Je suis accro à mon blog, qui m'est devenu absolument indispensable.

2. Je ne parle plus italien depuis des années et, les rares fois où cela m'arrive, j'entends mon propre accent français. C'est dramatique.

3. Je vis avec mon Homme et la Reloue, un chat errant que j'ai recueilli il y a trois ans.

4. Exception faite du loyer, mon poste de dépense le plus important est l'équitation, un vrai puits sans fond!

5. Je suis incapable de prendre une décision, surtout quand j'ai l'idée que les deux choix qui s'offrent à moi sont mauvais (et que je n'ai pas l'imagination / les moyens de trouver une troisième issue).

6. J'ai un mal fou à garder les yeux sur tout ce qui va et une tendance inexorable à sombrer dans la déprime à cause de ce qui ne va pas.

7. Quand j'aime quelque chose, j'ai tendance à y revenir: ainsi, j'écoute des albums en boucle (jusqu'à m'en lasser d'ailleurs!), je lis plein de livres du même auteur (quarante de Zola), je relis des livres (cinq fois Le Seigneur des Anneaux) et je re-regarde des films que je connais par cœur (Spirit, l'étalon sauvage, mon film doudou que j'ai dû voir vingt fois).

8. Je suis très triste d'avoir perdu plein d'amis (par ma faute, la leur ou les deux), mais j'essaye d'en tirer un enseignement et de prendre soin et de profiter de ceux qui sont toujours là.

9. J'ai passé les trente ans et je n'ai toujours pas envie de devenir mère. Au contraire, la multiplication des bébés dans la vie de mes amis me conforte dans l'idée que ce n'est pas du tout pour moi.

10. Je veux écrire mais je n'écris pas, et ça, ça m'énerve!

Mes réponses aux onze questions de Tigger Lilly

1. Ton livre préféré d'entre tous?
Le Seigneur des Anneaux de Tolkien bien entendu! 🌟

2. Le dernier film qui t'a marquée?


Bonne question ça! Si on entend "marquée à vie", pas juste quelques jours, peut-être bien Arrival [Premier contact] de Dennis Villeneuve.

3. La prochaine série que tu souhaites regarder?


Heuh... La Caverne de la Rose d'or, ça compte comme série? 😃 Je vais essayer de regarder les six épisodes d'ici fin août. On m'a offert le coffret il y a quasiment trois ans...
Sinon, aucune idée. Je ne regarde pratiquement pas de séries. J'ai bien envie de recommencer La Famille Addams mais ce ne serait pas sérieux, il vaudrait mieux que je tente de rattraper mon retard, genre avec Fargo ou True Detective...

4. À quel(s) jeu(x) joues-tu en ce moment?
Aucun, je ne joue pas à des jeux.

5. Quels sont tes podcasts favoris?
Je n'en écoute que deux: Procrastination d'Elbakin, qui cause écriture, et les GG Comics qui cause, comme son nom l'indique, comics. J'écoute plus régulièrement Procrastination en raison de son format court, mais bien sûr je préfère les GG car mon Homme en fait partie. 💓

6. Quel philosophe ou quelle philosophie de vie t'inspire?
Est-ce que le yoga compte comme philosophie de vie? En tout cas c'est ce qui guide un peu mes pas depuis deux ans. Essayer d'être à ce que je fais au lieu de me désoler sur l'absence de résultats.
Sinon, au lycée j'avais un faible pour Nietzsche et sa vision très dure de la vie, mais ça fait tellement longtemps que je ne me suis pas penchée sur la philosophie que je ne sais pas si c'est encore le cas.

7. Ton rêve de voyage?
L'Islande à cheval! Malheureusement, il s'agit d'un séjour très cher. Si je pars en rando équestre un jour, il y a plus de chances que ce soit en Espagne.

8. Comment gères-tu le temps consacré à ton blog?
Je me lève tôt le matin, à 6h10, en partie par respect pour mon copain qui se lève à 6h pour prendre un train à 7h (banlieue parisienne mon amour!) et en partie pour gérer mon blog et mes mails persos et faire le tour des réseaux sociaux et des blogs avant d'attaquer mes exercices de kiné, ma séance de respiration active et ma marche à partir de 8h (et espérer commencer ma journée de travail au retour, après la douche, à 10h30). Là par exemple, il est 7h20. On dirait "l'heure d'or" dont j'entends régulièrement parler sur la Nife en l'air, mais en réalité j'ai surtout l'impression de me presser et de me lever de plus en plus tôt au fil des ans sans réussir à en faire plus.
Je profite aussi des éventuels temps morts professionnels, par exemple si je livre une traduction avant d'avoir reçu la suivante. En mai par exemple, c'est ce qui m'a permis de tenir le rythme de publication habituel.

9. Pourquoi blogues-tu?
Pour ne pas oublier ce que je pense de ce que je lis. C'est en cela que le blog m'est devenu indispensable. Il me permet d'étayer un peu mon propos sur un livre et de le retrouver des années plus tard. Je regrette beaucoup d'avoir tardé plus de deux ans à chroniquer tout ce que je lisais.
Il me permet aussi de glaner plein (trop!) d'idées de lecture et d'échanger avec des gens formidables, dont certains que j'ai même rencontrés en vrai depuis quelques mois.

10. Un changement que tu aimerais apporter à ton blog?
J'aimerais avoir plus de visiteurs et de commentaires. Comme tout le monde, non?

11. Quel rapport entretiens-tu avec ta pile à lire?
Un rapport très sain. 😀 Je l'entretiens et la nourris et elle me fait passer de très bons moments. 💖


Les onze blogueurs que je nomme

Tigger Lilly a déjà tagué la plupart des blogueurs que je connais, mais j'en retague quelques-uns car je suis très curieuse de lire leurs réponses à mes questions.

Androïde Rêveur
Grominou
La petite marchande de prose
Lorkhan
Oukouloumougnou
Shaya
Vert 

Les onze questions que je leur pose

1. Quelles sont tes occupations (métier, loisirs etc.) dans "la vraie vie", hors blog?

2. Vis-tu avec des animaux? Peux-tu nous les présenter? 

3. Quand et comment est né ton blog?

4. Écris-tu d'autres manières ou sur d'autres supports (sites, fiction...)? Pourquoi? Comment ces différentes activités se complètent-elles? Si tu n'écris pas ailleurs, y as-tu pensé? En as-tu envie?

5. Depuis quand lis-tu, disons, au sens "actif" du mot: consciemment, volontairement, avec plaisir, pas parce que l'école le demande?

6. Quel est ton endroit préféré pour lire?

7. Que penses-tu de cette déclaration de Lestat de Lioncourt dans Blackwood Farm d'Anne Rice: "And books, they offer one hope–that a whole universe might open up from between the covers, and falling into that new universe, one is saved"? As-tu déjà eu l'impression d'être sauvé(e) par un livre ou qu'une lecture (ou la lecture en général) était vitale?

8. La lecture et le cinéma t'apportent-ils les mêmes choses? Préfères-tu ou te sens-tu plus proche de l'un des deux médias? Pourquoi?

9. As-tu parfois du mal à te remettre de la mort d'un personnage (de livre, de film ou de série)? Peux-tu nous donner un exemple? (Et tant pis pour les éventuels divulgâcheurs! ^^)

10. Et niveau musique, qu'est-ce que tu préfères?

11. Finissons sur une note gastronomique: peux-tu nous citer ton plat préféré ou le plat que tu ne rates jamais?

Des bécots les lecteurs! 💓

mercredi 7 juin 2017

Wolves of the Calla (2003)

Ma quête de la Tour sombre a pris un peu de retard. Non contente de me faire balader par Stephen King dans des mondes parallèles, j'ai eu envie de faire un détour par le paisible royaume de Delain (ici) et la charmante ville de Jerusalem's Lot (ici)... Mais voilà que je reprends la route avec notre ka-tet de héros intrépides!


Attention, il devient difficile de ne rien divulgâcher aussi loin dans l'histoire. Lisez à vos risques et périls si vous commencez tout juste votre voyage dans le monde de Roland de Gilead.

"I am what ka and the King and the Tower have made me.
We all are. We're caught."

Alors que les pistoleros continuent leur quête en suivant l'un des rayons de la Tour sombre, ils sont abordés par les habitants de Calla Bryn Sturgis, une paisible ville confrontée à une terrible fatalité: tous les vingt ou vingt-cinq ans, des cavaliers armés jusqu'aux dents, les Loups, viennent enlever la moitié des enfants. Comme à l'accoutumée, le robot Andy a annoncé l'arrivée des Loups un mois à l'avance. Les pistoleros accepteront-ils d'aider les habitants à se rebeller pour la première fois de leur histoire? Roland est tenu d'accepter à cause du code moral des anciens chevaliers de Gilead, mais leur présence à Calla Bryn Sturgis ne relève certainement pas du hasard: le prêtre catholique de la ville, originaire des États-Unis, possède quelque chose de puissant et de terrible qui pourrait se révéler fort utile pour le ka-tet.

Saveur western pour cette ville qui se prépare à affronter des cavaliers armés jusqu'aux dents. On est en plein dans Les sept mercenaires, dont je n'ai vu que le remake de l'année dernière. Mais on reste bien dans l'univers si particulier de cette série avec le robot Andy, le temps qui s'effiloche, les visions et les voyages de monde en monde, une grossesse démoniaque... Et des références et des recoupements de plus en plus serrés. Plus nos héros en apprennent sur la Tour et les forces en présence, plus je me demande comment King va se sortir de tout cela!

Une mention spéciale pour l'apparition éclair de Walter, l'homme en noir. Il n'a encore une fois que quelques pages, mais il est génialissime.

Les liens avec le reste de l’œuvre de King sont plus marqués que jamais avec Callahan, le prêtre de Salem's Lot, qui raconte comment sa vie a basculé dans cette ville et quel a été son destin après l'avoir quittée. J'aime beaucoup ce personnage modeste et digne (et très courageux à sa façon) et j'ai donc été contente de le retrouver. Je ne sais pas s'il était vraiment indispensable de lire Salem avant par contre.... Mais il est sûr qu'il est inutile de le lire après vu que Callahan raconte tout, donc lisez-le plutôt avant si vous avez envie.

Ces liens avec l’œuvre de King atteignent leur apogée avec un certain livre à la fin. Un élément tellement WTF, comme me l'a dit ma copine de lecture Vert, que je me demande vraiment comment King va s'en sortir!

Comme d'habitude, cette lecture était vertigineuse et ultra-référencée, mais je commence à m'habituer après 2 430 pages... Je pense plus que jamais que cette série est une œuvre majeure des littératures de l'imaginaire et je suis étonnée qu'elle soit relativement peu connue. Même la sortie du film ne me semble que peu remuer les foules!

Vivement la suite. En plus le tome 6 est assez petit – même pas 440 pages dans mon édition –, il devrait se lire étonnamment vite après les pavés que sont les tomes 4 et 5! Ma camarade de lecture, Vert, est passée devant pour ce tome car elle avait elle aussi d'autres voyages à faire, mais maintenant que je l'ai rattrapée on devrait pouvoir reprendre le chemin ensemble assez rapidement.

Allez donc voir ailleurs si ces Loups y sont!

dimanche 4 juin 2017

Canale Mussolini (2010)

Chronique express!


Lecture pénible et ennuyeuse que cette épopée familiale des Peruzzi, des paysans de la Plaine du Pô réinstallés au sud de Rome, dans les marais Potins, pendant les années vingt par les fascistes qui viennent d'assécher cette région peuplée jusque là de moustiques et de brigands. Le narrateur enchaîne digression sur digression avec un style oral pénible à lire; je me suis ennuyée au bout de dix pages et j'ai vite compris qu'il ne se passerait pas grand-chose puisqu'il lui faut constamment vingt pages de digression avant de commencer à parler de ce dont il veut parler. Mais surtout, les paysans italiens du début du XXe parlent en dialecte et ça c'est carrément super relou à lire... Du coup, j'ai fini par lire en diagonale, en décidant au début de chaque paragraphe si celui-ci avait l'air intéressant ou non et en passant au suivant s'il n'en avait pas l'air.

Je me suis obstinée à aller jusqu'au bout, toutefois, parce que l'histoire de cette région du centre peuplée de gens du nord est très intéressante et parce que la destinée de la famille permet de retracer toute l'histoire italienne des années 1900 à 1940. C'est triste à dire mais je connais très mal l'histoire de mon propre pays, donc c'était salutaire. Genre j'ai appris qu'il y a eu une vague de viols et de meurtres par des groupes nord-africains de l'armée française quand le front a cédé dans la région, genre 3 000 femmes violées en quelques jours. Et je comprends mieux la catastrophe du 8 septembre, quand le roi a annoncé l'armistice de l'Italie avec les Alliés alors que les Allemands occupaient la moitié du pays.

Pourquoi ce livre?
Parce que quelqu'un me l'avait conseillé il y a des années au speed-booking de ma médiathèque et que je l'ai trouvé à 1€ à la braderie de la médiathèque du Chesnay. C'est un livre "réformé", comme les chevaux de course! 😊

 

jeudi 1 juin 2017

La gamelle de mai 2017

Et voilà la gamelle la plus courte de l'histoire de ce blog! En mai, j'ai lu plus que d'habitude grâce aux jours fériés mais je n'ai rien fait d'autre... 😱😓

Sur petit écran

Bed of Roses [Pluie de roses sur Manhattan] de Michael Goldenberg (1996)


Petite histoire d'amour simple et mignonne entre une business woman et un fleuriste. Ce film ne va pas bien loin mais il est chou et surtout il y a Christian Slater, absolument merveilleux du haut des 26-27 ans qu'il avait à l'époque! 💖 Et puis Josh Brolin tient un petit rôle, c'était trop cool de le revoir juste après avoir terminé la saison 1 de Young Riders.

Sur grand écran

Going in Style [Braquage à l'ancienne] de Zach Braff (2017)


Une comédie sympathique et charmante sur trois vieux messieurs qui décident de braquer la banque gérant leur fonds de pension, que leur ancien employeur a gelé suite à la délocalisation de ses activités en dehors des États-Unis. C'est frais et on passe un bon moment, sans que ça ne soit non plus inoubliable. Morgan Freeman est tellement tellement classe, c'est juste formidable.

Du côté des séries

Young Riders [L'équipée du Pony Express] (1989-1992)


Saison 1 terminée. C'était formidable de replonger dans cet univers que j'ai tellement aimé quand j'avais neuf-dix ans. Bon je ne suis pas sure qu'on puisse aimer cette série si on la découvre à l'âge adulte car elle est un peu simpliste et manque quelque peu de moyens (les scènes de bagarre et les cascades sont souvent drôles tellement elles manquent de conviction – ou plutôt tellement les acteurs mettent trop de conviction à se jeter au sol quand ils prennent une balle!), mais pour moi c'est génial.
Hicock, le personnage de Josh Brolin, est clairement le plus développé dans cette saison. On découvre comment il est devenu une légende de l'Ouest (Wild Bill, c'est lui!) et plusieurs autres épisodes lui sont consacrés. Kid est aussi central dans plusieurs épisodes. Les autres personnages sont moins développés mais ont chacun un ou deux épisodes. Je suis super déçue pour Cody, joué par Stephen Baldwin, dont j'étais follement amoureuse et qu'on a assez peu vu. J'espère qu'il aura plus d'épisodes dans les deux autres saisons.

Sinon mon Homme et moi continuons à regarder la saison 6 de Scrubs.


Du côté des podcasts et de YouTube

Heuh. Genre rien. Je songe à juste supprimer cette catégorie. 😂 😆

Et le reste

J'ai lu Cheval Magazine de juin.


Voili voilou pour cette gamelle qui sent la disette et manque de croquettes!
💖

samedi 27 mai 2017

'Salem's Lot (1975)

Avant de lire le cinquième tome de La Tour sombre de Stephen King, j'ai décidé de lire 'Salem's Lot sur les bons conseils de Grominou et de son billet sur Les Loups de la Calla.

Tentative de photo bucolique pour livre ténébreux.

L'intrigue

L'écrivain Ben Mears revient à Jerusalem's Lot, une petite ville paisible du Maine où il a passé une partie  de son enfance, afin d'affronter quelques vieux démons et d'écrire un nouveau roman. Il apprend  avec déception que la "maison hantée" locale, une vieille bâtisse abandonnée dont le dernier propriétaire s'est pendu et dans laquelle il espérait loger, vient d'être louée, mais s'installe néanmoins en ville où il ne tarde pas à rencontrer une jeune femme nommée Susan [rapport à La Tour sombre: tiens tiens tiens, une Susan!] qui lit justement un de ses romans. En parallèle, un petit garçon disparaît dans les bois et son frère est incapable de dire ce qu'il leur est arrivé. Il ne se souvient de rien. Puis les faits mystérieux se multiplient, la mortalité explose à 'Salem's Lot et beaucoup d'habitants semblent atteints d'une drôle de grippe qui les fait dormir toute la journée...

Mon avis

'Salem's Lot est le deuxième roman de Stephen King et un de ses livres mythiques qui en ont fait le grand maître de l'horreur de la fin du XXe siècle. Malheureusement, après l'enthousiasme lié à La Tour sombre et à ma relecture des Yeux du dragon, ce roman m'a ramenée à mes retenues préalables sur cet écrivain dont je dis depuis des années que je le connais peu et ne l'aime pas vraiment – à l'exception toutefois de La Ligne verte, qui est un de mes livres préférés.

En gros, j'ai trouvé la lecture un peu raplapla, le comble pour un livre qui m'a quand même incitée à laisser la lumière allumée dans le couloir une nuit où j'étais seule chez moi. La rédaction est un peu trop linéaire et emploie des procédés un peu trop visibles, comme le fait de terminer un chapitre sur les mots "Il se retourna et se mit à hurler" ou de s'arrêter en plein cliffhanger pour reprendre l'action en flash-back plus tard. C'est efficace, hein, mais c'est un peu trop "recette de cuisine" et surtout c'est employé trop souvent pour conserver cette efficacité.

À partir de la moitié du livre environ, j'ai aussi trouvé qu'on suivait Dracula de trop près, avec Matt, le professeur d'anglais, qui devient soudain un spécialiste des vampires comme Van Helsing et Susan qui se fait mordre et qu'il faut donc achever comme Lucy (avec un petit passage assez paternaliste dans lequel Matt explique à Ben qu'il lui revient de la libérer parce qu'il est symboliquement "son mari"....).

J'ai aussi trouvé dommage que la "maison hantée" soit relativement laissée de côté. Je pensais qu'elle tiendrait un plus grand rôle que cela et en attendais beaucoup à cause d'une autre maison du même genre croisée dans le troisième tome de La Tour sombre, qui respirait la malignité.

Enfin, ma dernière réserve: j'ai eu beaucoup de mal à bien identifier les nombreux habitants de 'Salem, qui sont parfois cités à des centaines de pages d'écart. (Mais je comprends l'intérêt de montrer les diverses réactions et situations des uns et des autres, hein, ça donne énormément de profondeur et de réalisme à la ville.)

Bien sûr, il n'y a pas que du négatif. La figure du vampire-prédateur est intéressante et on pourrait sûrement y voir plein de symboles. On est loin ici des vampires raffinés d'Anne Rice, il y a quelque chose de nettement plus primordial (même si l'aspect sexuel n'est jamais loin). Il est aussi intéressant de voir le vampirisme comme une sorte d'épidémie face à laquelle la ville ne peut pas vraiment se défendre; le temps que quelqu'un se rende compte que quelque chose ne va pas, les vampires ont déjà mordu de-ci de-là et le processus est inarrêtable.

J'ai aussi été très surprise par le sort du prêtre catholique, Callahan. J'avais imaginé plusieurs hypothèses mais pas du tout celle-là!

Et puis, comme je l'ai dit plus haut, j'ai laissé la lumière allumée dans le couloir un soir où j'étais seule. On ne sait jamais. Quelqu'un ou quelque chose pourrait rentrer dans l'appart avant le retour de mon homme. Hein. Il vaut mieux prendre des précautions. Donc l'efficacité du bouquin est réelle. Et puis j'ai super envie de relire Dracula et les nouvelles de King qui reprennent ce thème, Jerusalem's Lot et One for the Road, et j'ai donc sorti le recueil Night Shift de ma bibliothèque. Mais là maintenant, je peux surtout passer au tome 5 de La Tour Sombre! 😜😜

mercredi 24 mai 2017

La sieste assassinée (2001)

Chronique express!


Angers, une bouquinerie, un Philippe Delerm à 3€... Le bonheur.

Avec ses tout petits chapitres, La sieste assassinée est très similaire à La première gorgée de bière (et, j'imagine, à toute l’œuvre de Philippe Delerm). Mais là où La première gorgée parle de "plaisirs minuscules", de petits bonheurs, La sieste assassinée a un horizon plus large et parle d'instants de vie en général, en bien comme en mal.

Quelques souvenirs:
Le temps est comme suspendu dans Il va pleuvoir sur Roland-Garros, on est un peu gêné et honteux dans Rencontre à l'étranger (tellement vraie cette histoire, ça m'a serré le cœur), on se retrouve forcément dans Le oui oui au coiffeur. Le présent des bios m'a aidée à comprendre pourquoi les notices bibliographiques me dépriment autant, j'ai eu un cafard d'amitié et de famille violent avec Juste une omelette, comme ça, j'ai regretté avec Vous êtes bien, là! et je me suis sentie une adulte avec Correspondance.

Une belle panoplie d'émotions en à peine 96 pages qui se lisent en une heure... Et pourtant beaucoup de sérénité parce que c'est juste la vie, tout ça, et que dans les mots de Delerm ça n'a pas l'air si vain et si terrible.

Autres merveilles de l'auteur déjà chroniquées sur ce blog

dimanche 21 mai 2017

Maigret et l'indicateur (1971)

Chronique express!


Maigret est un de ces inspecteurs célèbres que je connais de nom mais n'ai jamais lu ou regardé. C'est chose faite avec ce vieux poche imprimé en 1986 (il est à peine plus jeune que moi!) jauni et odorant, récupéré grâce à une amie qui faisait du vide dans la maison familiale. C'était une lecture sympathique et facile mais pas forcément mémorable. L'enquête est assez superficielle. Un cadavre apparaît, un indicateur dénonce le coupable, Maigret cherche des preuves en fumant sa pipe. C'est l’atmosphère datée qui est intéressante, ce Paris des années soixante rempli de bistrots où les gens parlent parfois en argot. On sent que la société a changé depuis. Un exemple: aujourd'hui, plus personne ne dit que quelqu'un "a de l'instruction"... On dira qu'il "a fait des études" ou "de bonnes études". Le sexisme ambiant fait quant à lui trembler! Figurez-vous que Maigret demande à une serveuse, dont le patron a été tué, si ça ne la gêne pas trop d'avoir une patronne et pas un patron maintenant que la veuve veut reprendre le restaurant... et que la serveuse répond que ça ne fait jamais plaisir! LOL! Enfin ça ne m'empêchera pas de relire du Maigret ou du Simenon en général si l'occasion se représente, d'autant plus que ça se lit très très vite: 189 pages écrites assez gros pour ce roman.

jeudi 18 mai 2017

The Eyes of the Dragon (1984)

Entre deux pavés de la Tour sombre, retour sur le premier roman de Stephen King que j'ai lu: Les Yeux du dragon.


L'indispensable parenthèse "Ma vie, mon œuvre"

Quand j'étais en quatrième, j'ai sauté sur ce roman dans le CDI de mon collège parce que j'étais en pleine période "dragons" à cause de Cœur de dragon que j'avais vu au cinéma deux ans plus tôt. J'écrivais même une histoire de fantasy mettant en scène des licornes et des dragons (et quelques dinosaures bien entendu). Je vous parle des années 1997-2000; aimer les dragons était vraiment tordu à l'époque. Ensuite, tout le monde s'est découvert une passion pour ces grosses bêtes à cause de Harry Potter...

Quelle déception immense, donc, quand j'ai commencé le roman et réalisé que le seul dragon de l'histoire se fait tuer au bout de quelques chapitres et que sa tête empaillée finit parmi les nombreux trophées de chasse de Roland, roi de Delain! 😀

Je crois néanmoins que j'avais bien apprécié la lecture. J'ai d'ailleurs acheté le livre bien plus tard, en 2010, pour le relire en anglais. Là, je l'ai lu en deux jours; j'ai adoré la première partie et ai été assez déçue par la deuxième. Je me souviens que je suis allée me coucher enthousiaste et que je n'ai pas retrouvé le même plaisir le lendemain.

L'histoire

Delain est un royaume typique de la fantasy, clairement inspiré de l'Europe médiévale. Le roi Roland a deux fils, Peter et Thomas, et un conseiller, le magicien Flagg qui vit dans un sombre donjon. C'est un univers dans lequel on est susceptible de croiser des dragons, même si cela fait bien longtemps qu'on n'en voit plus à Delain, et où la magie est bien réelle.

Le prince Peter, le fils ainé, est intelligent, raisonnable, calme, réfléchi, poli et droit dans ses bottes. Son père l'adore et tout le monde se réjouit qu'il lui succède sur le trône car il fera un bon roi. Thomas, par contre, est plus timide et moins sûr de lui... À force de vivre dans l'ombre de Peter, il ressent de plus en plus de frustration et de jalousie. Flagg le magicien l'a bien remarqué et trouve que ce garçon ferait un roi bien plus à son goût.

Et puis un jour, brutalement, le bon et vieux roi Roland meurt dans d'atroces souffrances, on ne tarde pas à découvrir qu'il a été empoisonné et Peter, le fils chéri que tout le monde aimait, est emprisonné dans la plus haute tour du château pour le meurtre de son père!

Bien sûr, le lecteur sait très bien qui a commis le meurtre. C'est Flagg. Mais comment Peter pourra-t-il prouver son innocence du haut de sa prison? 

Mon avis

Cette fois-ci, j'ai adoré ce roman qui est super chou. Très atypique dans la bibliographie de Stephen King, il relève du conte et sert vraiment à expliquer la vie aux jeunes lecteurs, avec un narrateur anonyme qui intervient parfois pour tempérer les propos d'un personnage ou expliquer qu'on ne sait pas trop, parfois, pourquoi on fait ce que l'on fait... Ce narrateur peut même rentrer dans la tête d'un chien, c'est formidable (et ça donne un court passage très chou et rigolo).

Le fond de l'intrigue est une sorte de lutte du bien contre le mal, mais assez nuancée. Il y a certes le Mal personnifié en la personne de Flagg, mais il y a aussi le mal plus modeste voire un peu minable, qui provient de la souffrance ou de la bêtise et qui peut faire autant de dégâts. Et le bien est certes bon, mais il est plein de doutes et a peur de tout plein de choses. Et parfois le bien veut trop bien faire et finit par jouer le jeu du mal, comme dans le cas du juge Peyna qui enquête sur la mort du roi.

D'ailleurs, je vous ai dit que ce livre est super chou, et c'est vrai, mais bon ça reste Stephen King, il y a du sang et ce n'est pas du tout naïf. Je pense que c'est une bonne lecture au collège, pas quelque chose qu'on lit à de jeunes enfants pour les endormir...

La parenthèse féministe consternée

Je ne félicite pas Stephen King pour le nombre extrêmement limité de personnages féminins de ce roman. Il y a Sasha, la reine, qui meurt en couches après 50 pages, puis Naomie qui sauve heureusement l'honneur à la fin. Sinon il n'y a que des hommes dans cet univers et les deux "femmes de" entraperçues au cours du roman ont la larme facile et ne sont pas mises dans la confidence des grands faits du royaume. Grrr.

La parenthèse Flagg

Flagg, Flagg, Flagg. Flagg avec son cristal magique qui lui montre des choses. Flagg qui ne vieillit pas au fil des siècles et revient régulièrement à Delain pour y semer le chaos. Flagg qui cache son visage sous une capuche. Flagg qui conseille le roi pour mieux le perdre. Flagg dont tout le monde a un peu peur. Flagg qui sait plein de choses sur tout le monde mais fait parfois preuve d'un étrange aveuglement.

Flagg n'est pas un méchant terrifiant mais c'est un bon méchant sournois et parfois amusant.

J'ai hâte de retrouver Flagg.

Le mot de la fin

"Worlds sometimes shudder and turn inside their axes." Je ne suis pas sure de saisir ce que ça veut dire mais on ne peut pas ne pas relever ce genre de phrase quand on lit La Tour sombre. Car bien sûr ce livre est lié à La Tour sombre et je ne l'ai pas relu par hasard. Je vous laisse sur votre faim si vous n'en savez pas plus. 😈

lundi 15 mai 2017

Nymphéas noirs (2011)

Voyage à Giverny, le village de Monet en Normandie, avec ce polar de Michel Bussi. Un cadavre fait son apparition dans le ru qui alimente l'étang aux nymphéas que le célèbre impressionniste a tant peint. La police enquête. L'inspecteur chargé de l'affaire tourne d'un peu trop près autour de l'institutrice, dont le mari est le principal suspect. Son adjoint tente de suivre toutes les pistes: crime passionnel, trafic de tableaux de maîtres, vengeance d'une maîtresse abandonnée, existence potentielle d'un enfant illégitime. Une petite fille très talentueuse veut, elle aussi, peindre des nymphéas. Et une vieille dame habillée de noir surveille le tout en parcourant discrètement les rues du village avec son chien.


Caractéristique "roman de plage", Nymphéas noirs n'est pas un chef d’œuvre avec sa rédaction passe-partout et ses clichés (palme absolue pour le personnage de l'institutrice mariée à un homme qu'elle n'aime pas et qui tombe follement amoureuse, au premier regard, de l'inspecteur qui va forcément la sortir du village où elle a passé toute sa vie...). Mais bon dès qu'il y a un cadavre, on a envie de savoir qui l'a mis là, et les pages se tournent toutes seules, d'autant plus que les chapitres sont très courts et se terminent souvent en plein milieu d'une révélation. C'est un livre efficace, donc. J'ai lu 400 pages en deux jours (après avoir péniblement lu les 50 premières en trois jours par manque de temps).

Au final, je n'ai rien vu venir et je me suis bien fait avoir. On pourrait rendre hommage à Michel Bussi, mais je suis frustrée car il y a de la triche dans ce bouquin et que ce n'est pas cool. On ne peut pas voir venir la fin. Tsss tsss. J'ai l'impression qu'il n'y a pas eu de pacte avec le lecteur et je ne suis pas très contente... Certains détails auraient peut-être dû me mettre la puce à l'oreille... Après tout, je sais qu'il ne faut jamais rien laisser passer dans un polar! Mais j'ai tout de même trouvé tout cela très contrariant...

Pourquoi ce livre?
Parce que je l'ai trouvé dans mon local à poubelles un soir de février (avec Enregistrements pirates de Philippe Delerm) et parce que ma kiné a lu et m'a conseillé Un avion sans elle du même auteur il y a quatre ans.

vendredi 12 mai 2017

The Tropic of Serpents (2014)

Les mémoires de Lady Trent, naturaliste spécialiste des dragons, continuent avec ce deuxième tome aussi frais et efficace que le premier, A Natural History of Dragons (mon avis ici). La recette est la même: une jeune Lady déterminée à se consacrer à sa passion, l'étude des dragons, dans une société très portée sur les conventions et les commérages, une région exotique à explorer, des dragons à découvrir et une bonne dose d'humour et d'ironie dans la rédaction. C'est extrêmement plaisant à lire et le ton résolument XIXe est tellement réussi qu'on s'y croirait vraiment.


Cette fois-ci, Isabella part au Bayembe, un pays tropical dont elle souhaite étudier les dragons. Le contexte politique n'est pas des plus simples puisque le Bayembe accueille des soldats scirlings, c'est-à-dire de la même nationalité qu'Isabella, pour le protéger des vues expansionnistes de son voisin austral, l'Eremmo, qui est lui-même occupé par les Ikwunde. Entre les deux États, une immense région marécageuse surnommée l'Enfer vert, Mouleen. C'est là qu'Isabella et ses compagnons partiront en mission, non seulement pour leurs propres recherches mais aussi pour le compte de l'oba – disons le roi – du Bayembe, qui veut qu'ils lui rapportent des œufs de dragon.

Comme dans le tome précédent, ce roman parle beaucoup de la condition des femmes, puisqu'Isabella doit constamment se battre pour faire accepter ses choix (quant à publier un ouvrage scientifique en son nom, n'en parlons même pas). C'est intéressant même si je me demande parfois si le trait n'est pas un peu trop forcé et si on ne pourrait pas imaginer un monde alternatif très similaire au nôtre dans lequel on ne retrouverait pas d'aussi près les travers de nos sociétés...

À propos du trait un peu forcé: je vous avais déjà parlé du "ton un peu forcé" dans le premier roman et j'ai retrouvé ce défaut ici. Peut-être qu'il ne serait pas nécessaire de faire autant de remarques ironiques, d'ouvrir autant de parenthèses, de couiner dès qu'on entend le mot dragon et de s'adresser au lecteur aussi souvent...

Dans l'ensemble, toutefois, ça n'enlève rien au fait que la lecture est fort plaisante et que j'ai passé un très bon moment. C'est parfait pour se détendre ou se changer les idées entre des lectures plus dures ou exigeantes, et puis ça fait toujours plaisir de passer du temps avec une héroïne digne de ce nom. Ça m'a d'ailleurs rappelé Adèle Blanc-Sec, que j'avais beaucoup apprécié (même si, en réalité, je ne me souviens pas bien du tout du film, juste de l'ambiance début du siècle/aventure.) En plus ce tome m'a plus semblé faire référence aux autres aventures d'Isabella, ce qui donne extrêmement envie de continuer à les lire (divulgâcheur: par exemple, j'ai follement envie de savoir ce qu'il s'est passé après que des dragons aient été introduits dans les trois rivières alimentant le marécage de Mouleen et d'où vient cette stèle gravée de mystérieux caractères!) Ça tombe bien car trois autres tomes sont sortis et que j'ai donc encore quelques aventures à découvrir!

Allez donc voir ailleurs si ces dragons y sont!
Une interview de l'auteure (en anglais)

mardi 9 mai 2017

La Fortune des Rougon (1871)

En février, j'attaquais La Fortune des Rougon, le premier roman de la grande saga des Rougon-Macquart d'Émile Zola, en bonne compagnie avec Eless, Ksidraconis et Tigger Lilly. C'était une relecture pour deux d'entre nous et une première lecture pour les deux autres.

Photo un peu dégueulasse, désolée!

C'était un vrai plaisir de retrouver Zola, que je n'ai pas lu depuis... et bien plus de deux ans, puisque ma dernière lecture remonte à novembre 2014. C'était Nouveaux Contes à Ninon et pour tout vous dire j'avais oublié que je l'avais lu.

Il y a tellement de choses à dire sur les romans d'Émile Zola que cette chronique sera particulièrement en-deçà de l’œuvre dont elle parle. Ce qui est positif pour moi, toutefois, c'est que j'ai tous les mails que nous avons échangés au fur et à mesure de notre lecture pour me remémorer les évènements et nos impressions en détail. Je n'avais jamais fait de lecture commune auparavant et j'ai trouvé ces échanges au fil des parties extrêmement enrichissants. C'est un peu le stade ultime de la chronique, tu n'as pas juste des avis sur le livre mais sur chaque partie du livre! 😍

Voyons donc voir ce que je retiens de cette lecture...

Le roman des origines
Zola le dit lui-même dans sa préface, dans laquelle il annonce tout son grand projet d'étude, L'Histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire: le nom scientifique de ce roman est Les Origines. Il pose Plassans, la ville où est apparue la famille, et présente Adelaïde, la matriarche qui aimera deux hommes dans sa vie et fondera ainsi les deux branches: les Rougon, la branche légitime, et les Macquart, la branche illégitime.
C'est aussi le début du Second Empire, puisque ce roman se déroule en décembre 1851, lors du coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte, élu président de la République au suffrage universel direct en 1848.

Zola est un génie.
Bon ça je le savais déjà, ça fait environ sept ans que je lui voue un culte (j'avais déjà lu et aimé plusieurs de ses romans avant, mais en 2010 j'ai eu une espère de révélation absolue en relisant Germinal), mais je le redis: personne n'écrit comme Zola, il est vraiment trop fort et chacune de ses phrases est parfaite! Il peut décrire des choses très variées, allant ici de la bassesse la plus absolue à l'amour le plus innocent, et tout est parfait!

Zola a quand même des idées bizarres.
Bon ça aussi je le savais déjà, et puis c'est certainement dû, en bonne partie, au fait que son époque avait des idées bizarres. Ici, c'est le poids écrasant de l'hérédité; l'ADN n'est pas encore connu mais toutes les tares mentales possibles et imaginables se transmettent par le sang. Il y a aussi la maladie super cheloue d'Adelaïde, ce "dérèglement du sang et des nerfs" qui la jette dans des torpeurs de cadavre ou au contraire l'assujettit corps et âme à l'homme qu'elle aime. Notez aussi que son mari, Rougon, est mort "d'un coup de soleil [...] en sarclant un plant de carotte". Lol.

Cœurs sensibles, accrochez-vous.
Je ne suis pas d'accord avec les gens qui accusent Zola de "misérabilisme social": je ne trouve pas qu'il se complait dans la misère mais qu'il a la lucidité de la voir et le courage de la dénoncer. Il est vrai, en revanche, que l'échantillon d'humanité présenté ici n'est pas des plus encourageants: entre l'aïeule folle, les deux fils égoïstes, cruels, ambitieux et prêts à tout (je ne sais qui est le plus exécrable entre Antoine Maquart et Pierre Rougon mais je crois que je préfère quand même Rougon, qui est au moins capable de travailler), les soldats barbares, les bourgeois poltrons, Aristide qui retourne sans cesse sa veste, le prêtre qui vend des images pornographiques en douce, il y a de quoi désespérer un peu. Mais il y a surtout de quoi être révolté me semble-t-il.
En outre, il y a ici des éléments sanglants puisque le roman suit l'insurrection des républicains contre le coup d'État, qui a été réprimée dans le sang dans le sud.

Miette et Silvère, l'Amour autour du puits
Miette et Silvère sont deux de mes personnages préférés de toute la série des Rougon-Macquart. La première fois que j'ai gribouillé l'arbre généalogique de la famille pour m'y retrouver pendant mes lectures, j'avais même fait un petit cœur à côté du nom de Silvère. Ils représentent l'innocence pure, la bonté, l'amour et la liberté. Leur histoire est tendre et touchante et leurs retrouvailles autour du puits entre leurs deux propriétés (un puits un peu particulier) sont une des plus jolies choses que j'ai jamais lues.

Félicité, une Force de la Nature
Je ne suis pas persuadée que Zola ait eu une très belle opinion des femmes, qu'il décrit souvent comme détraquées et victimes de leurs nerfs, mais il a néanmoins brossé des portraits de femme assez spectaculaires et Félicité en fait partie. Cette petite et veille femme résolue est bien déterminée à se venger de Plassans, la ville où elle a trimé toute sa vie sans réussir à s'élever dans la société, et à profiter de l'opportunité du coup d'État pour faire la fortune des Rougon. C'est elle qui va tirer les ficelles des évènements et piloter son mari Pierre pour qu'il saisisse l'opportunité ouverte par le passage de la troupe des insurgés.

Les intrigues politiques
La France de 1851 se divise en trois camps: les républicains, les bonapartistes et les légitimistes. Zola présente cette lutte pour le pouvoir avec beaucoup de détails et de finesse. La politique, c'est parfois poignarder dans le dos ou utiliser à bon escient des informations reçues en avant-première... Et sachez qu'à en croire Zola la Légion d'honneur ne valait déjà pas grand-chose en 1851!

Le souffle de la conclusion
Après la révélation progressive d'une mort qu'on voit venir mais qui n'en est pas moins révoltante, puis un passage poignant plein d'émotion, les tout derniers paragraphes du roman décrivent le triomphe du salon jaune et annoncent le roman suivant et l'âme même du Second empire, qui jubile et se goinfre sur le cadavre de la République. Un passage à la fois grandiose et macabre, parce que le sang a coulé et que rien ne pourra l'effacer...

En bref...
Lisez Zola  les amis, je ne le dirai jamais assez! Ses romans sont un témoignage unique sur la deuxième moitié du XIXe en France et sa plume est l'une des plus belles de la littérature française (et même la plus belle à mon sens).

Allez donc voir ailleurs si ces Rougon y sont!
L'avis de Tigger Lilly
Je ne manquerai pas de partager les chroniques des autres lecteurs quand elles seront prêtes! 😍 (Presssssssion les amis!)