jeudi 19 avril 2018

Tales of Adventure and Medical Life (1922)

Vous le savez déjà si vous suivez un tant soit peu ce blog: j'adore Arthur Conan Doyle et sa production d'une quantité, d'une qualité et d'une diversités remarquables qui va bien au-delà des célèbres enquêtes de Sherlock Holmes.


Avec ce troisième recueil publié par la maison londonienne Alma Books, que j'ai acheté lors de mon passage à Dublin en octobre dernier, place à l'aventure et à la médecine – car Doyle, avant d'être écrivain, était médecin...

Tales of Adventure

The Debut of Bimbashi Joyce (1900)
Un texte sympathique sur un jeune officier britannique faisant ses débuts au cœur du désert soudanais. Pour la petite histoire, j'ai feuilleté ce recueil un soir de février où j'hésitais entre lui et Bakhita de Véronique Olmi, et ce sont les notes de cette nouvelle qui m'ont permis de comprendre le contexte politique et militaire dans lequel se situe Bakhita! 😄

The Surgeon of Gaster Fell (1890)
J'ai beaucoup aimé ce texte à l'ambiance lugubre, mystérieuse et potentiellement fantastique se déroulant au cœur de la lande du Yorkshire, où s'est retiré un homme désireux de s'isoler du reste de l'humanité. Mais pourquoi une inconnue lui recommande-t-elle de tirer le loquet de sa porte la nuit? Et qui est son mystérieux voisin le plus proche (à quelques kilomètres bien sûr...), qui ne donne pas son nom mais se présente simplement comme le chirurgien de Gaster Fell?

Borrowed Scenes (1913)
Je n'ai rien compris à ce texte qui fait entièrement référence à un écrivain que je ne connais pas, George Borrow. Le protagoniste décide de se comporter comme les personnages de Borrow dans l'idée de vivre les mêmes choses qu'eux (d'où le titre, qui signifie autant "scènes empruntées" que "scènes à la Borrow"). 😂

The Man from Archangel (1885)
Un texte tellement XIXe avec un enlèvement hautement improbable. C'est le décor de la mer déchaînée le long des côtes de la campagne anglaise que j'ai adoré. 💕

The Great Brown-Pericord Motor (1892)
J'ai moins aimé ce texte qui tourne autour des deux inventeurs d'un moteur fort utile et de leur premier essai de ce moteur. Ça reste sympathique et de qualité parce que c'est Doyle, entendons-nous, mais ce n'est pas mémorable.

The Sealed Room (1898)
Lors d'une promenade dans les quartiers excentrés de Londres, le narrateur rencontre un jeune homme vivant seul dans une grande maison à l'abandon. La porte de l'une des chambres est scellée depuis des années et le jeune homme a promis à son père de ne pas l'ouvrir avant d'être majeur. Quel secret peut bien s'y cacher? Je pense avoir déjà lu ce texte ailleurs car j'étais assez sure de la surprise que le jeune homme y trouverait...

Tales of Medical Life

The Physiologist's Wife (1890)
Autre histoire improbable comme le XIXe les adorait, cette nouvelle met en scène un médecin ultra rationnel qui décide de se marier assez soudainement à une Australienne rencontrée depuis peu. Tout se passe bien pour le couple, mais leur bonheur ne durera pas longtemps, coïncidences de dingue obligeant. La fin est un peu triste, du coup...

Behind the Times (1894)
Cette nouvelle brosse le portrait d'un vieux médecin de campagne dépassé par les temps, tel que le voit un jeune médecin travaillant dans la même région. C'est drôle et bienveillant et la chute est délicieuse.

His First Operation (1894)
Un texte plus anecdotique, mais néanmoins sympa, sur un étudiant en première année de médecine qui assiste à sa première opération en amphithéâtre (une remarque au passage: quelle détresse pour l'opérée que d'être installée et endormie sur la table d'opération devant des dizaines d'étudiants!!), avec un étudiant plus âgé qui ne cesse de lui monter la tête sur les horreurs qu'il va voir.

The Third Generation (1894)
Une nouvelle triste et même dramatique sur un homme qui consulte un médecin de renom et qui découvre qu'il est victime, lui aussi, de la maladie dont souffraient déjà son père et son grand-père en raison de la faute de ce dernier (oui, la maladie est vue ici comme une punition divine s'abattant, comme le dit apparemment un passage de la Bible, sur le pécheur mais aussi sur ses descendants). Et son mariage n'est justement qu'à quelques jours! Un texte triste, qui fait vivre pleinement l'impression d'injustice que l'on ressent face à la maladie.

The Curse of Eve (1894)
L'histoire d'un accouchement difficile vécu par le mari, un homme fort peu émotif qui se découvre soudain un énorme potentiel émotionnel, tout seul dans son salon pendant que sa femme souffre à l'étage avec sa mère, la domestique et deux médecins. Houlàlà. Ça ne donne guère envie d'accoucher tout ça. (Divulgâcheur: ça se termine bien, j'ai été très soulagée après avoir bien retenu mon souffle...)

A Medical Document (1894)
Une belle ambiance de cercle médical anglais (les messieurs installés devant le feu avec leurs verres à la nuit tombée...) pour ces trois médecins qui évoquent des cas hors du commun. Celui des trois bossues, par exemple, était un peu inquiétant. Il ne se dégage pas une impression générale de cette nouvelle, qui reste néanmoins sympathique.

The Surgeon Talks (1894)
Ce texte ressemble au précédent puisqu'il s'agit du monologue d'un chirurgien décrivant certains cas de sa carrière. Rien de particulier à signaler.

The Doctors of Hoyland (1894)
Mon texte préféré du recueil, une nouvelle géniale et drôle sur un médecin de campagne, qui découvre, scandalisé, que le nouveau médecin installé en ville est unE médecin! Outrage à la pudeur, à la sensibilité féminine, aux mœurs, à tout ce qu'il y a de plus sacré! Abasourdi par sa découverte, il en oublie même la politesse due à une dame! Mais à son grand étonnement, la médecin réussit à se créer une clientèle... Changera-t-il d'avis sur son compte? 😉

Crabbe's Practice (1894)
Le recueil se clôt sur une note comique: pour aider son ami et confrère Crabbe à lancer son activité dans une nouvelle ville, un médecin accepte de mettre en scène sa propre noyade. Un plan grotesque et hilarant, mais qui aura malgré tout l'effet escompté. 😀

Voilà. Doyle était un génie, je l'ai déjà dit et je le répète. Et Alma prouve avec ce troisième volume la qualité de son travail éditorial. J'en redemande. 💖

Remarque: Comme dans un billet précédent, j'ai trouvé les dates de publication des différentes nouvelles ici.

dimanche 15 avril 2018

La Faute de l'abbé Mouret (1875)

Cinquième tome des Rougon-Macquart d'Émile Zola, La Faute de l'abbé Mouret nous ramène dans le sud de la France, pas loin de Plassans, ville d'origine de la célèbre famille frappée par la folie. Je gardais le souvenir d'un débordement de feuillages et de fleurs... Quid de cette relecture?


L'histoire
Serge Mouret, que nous avons rencontré dans La Conquête de Plassans, le tome précédent, est prêtre dans un tout petit village perdu au milieu d'une plaine désolée et desséchée. Retiré du monde, renfermé sur lui-même, il vit dans la dévotion de la Vierge Marie et plane (il faut le dire) dans un monde contemplatif et mystique. La tentation charnelle ne l'effleure même pas, la notion de femme étant sensiblement absente de son esprit. Suite à une grave maladie, il se réveille dans une demeure oubliée au bord d'un jardin abandonné, le Paradou, où il va revenir à la vie en compagnie d'Albine, une jeune fille innocente qui a grandi pratiquement seule dans le jardin.

D'Éden au Paradou, le jardin de la vie et le récit de la Bible
On ne peut pas dire que Zola ait fait preuve d'une grande finesse avec ce roman. Après une première partie située dans la plaine aride des Artaud, on passe à la vie végétale débordante du Paradou, un jardin protéiforme aussi immense et préservé que le jardin d'Éden de la Bible. Serge et Albine, complètement innocents et ignorants des choses du monde, y courent comme Adam et Ève, portés par la vie débordante des végétaux. Serge a perdu la mémoire suite à sa longue maladie et Albine vit coupée du monde depuis tant d'années qu'elle n'accorde aucune forme d'importance aux conventions sociales.
Mais un élément perturbe leur bonheur, le souvenir d'une dame morte qui aurait connu l'amour charnel en ces lieux, notamment dans une mystérieuse clairière dévouée à la passion. D'adorables camarades de jeux et d'escapades, Serge et Albine sentent peu à peu monter un appel qu'ils ne comprennent pas et qui les terrifie. À force de chercher, Albine trouvera la clairière, dans laquelle ils consommeront leur amour. Et cet acte les verra chassés du paradis, un certains Archangias faisant même son apparition.

Un manque de rythme certain
En toute honnêteté, ce roman n'est pas le plus facile à lire ou le plus palpitant de Zola. La première et la troisième partie sont plus factuelles et s'écoulent plus facilement (quoique, Tigger Lilly a compté seize pages de dévotion à la Vierge dans la première... ^^), mais la deuxième, qui forme le cœur du roman, est rendue incroyablement longue par les tergiversions et dilemmes de ces deux adolescents qui se tournent autour sans le savoir et qui auront besoin de looooongues journées en compagnie des fleurs et des feuilles pour enfin passer à l'acte. Zola exprime plein de choses en traçant des parallèles avec les différentes parties du jardin et les descriptions de plantes sont superbes; mais au bout d'un moment on n'en peut plus trop tellement ça n'avance pas.

Un protagoniste mollasson
Serge Mouret tient de sa mère Marthe: d'une part à cause de ses crises mystiques, qui le font s'effondrer pendant des heures devant des statues religieuses, et d'autre part à cause de son manque total de volonté/répartie/intérêt. Dès la première partie, avant l'entrée en scène d'Albine, on découvre un homme extrêmement discret, certes bienveillant dans son rôle de prêtre (et sincèrement convaincu, je pense, de l'aide spirituelle qu'il représente pour ses paroissiens), mais tellement MOU qu'on a envie de le secouer. La Teuse, la femme qui tient son ménage, lui tient la jambe ou lui fait la leçon; Archangias, un autre prêtre, le moque et le critique pour sa dévotion à la Vierge; mais notre abbé se laisse faire comme un morceau d'étoffe. On dirait vraiment qu'il lui manque quelques cases pour comprendre la réalité du monde et interagir avec lui (en même temps, c'est un Rougon-Macquart, bien entendu qu'il lui manque quelques cases... 😂).

Des personnages secondaires abjects
Zola présente toujours un échantillon pas très reluisant d'humanité dans ses romans. La palme revient ici à Archangias, prêtre extrémiste et misogyne (voire plus que misogyne, il faudrait inventer un nouveau mot pour les gens qui ont autant la haine de la femme!) qui respire la malveillance et la bassesse. Il aura, heureusement, une juste punition à la fin du roman. J'ai aussi détesté avec énergie les paysans des Artaud, présentés comme ignorants, avares, intéressés, vulgaires et sans cœur... Tout ce que j'aime! 😂

Des personnages secondaires plus reluisants
D'autres personnages interagissent de près ou de loin avec Serge et Albine: Pascal Rougon, le médecin qui entraîne leur rencontre et provoque involontairement leur idylle, la Teuse, la femme qui tient le ménage de l'abbé et qui, derrière ses airs bougons, fait preuve d'une grande ouverture d'esprit et est une bonne âme, et, Désirée, la petite sœur simple d'esprit qui adore les animaux de sa basse-cour. Pascal et Désirée n'ont pas soulevé que ma sympathie, je dois le dire, mais ils restent des personnages normalement bienveillants envers leur prochain.

L'opposition entre la vie et la mort ou plus précisément entre fertilité et stérilité
Tout ce roman est centré sur l'opposition entre la vie et la mort: la vie d'Albine, du Paradou, des végétaux, de l'enfantement, des animaux de la basse-cour de Désirée, de la sexualité, cet élan vers la lumière et le bonheur; et la mort de la plaine aride des Artaud, de l'église froide et vide, de la prêtrise, du célibat, de la chasteté vue comme renoncement à l'enfantement, du cimetière dans lequel se termine le roman. C'est un des grands chevaux de guerre de Zola, dont le mariage était stérile et qui a eu des enfants tard, quand il avait au moins cinquante ans je crois, et qui est obsédé par l'enfantement et la vie, thème qui revient en force dans d'autres romans (à travers la création littéraire dans L'Oeuvre, le dévouement de Pauline Quenu dans La Joie de vivre et surtout la paternité tardive du Docteur Pascal dans le tome éponyme qui clôt la saga, mais aussi, me semble-t-il, dans la paternité du prêtre des Trois villes qui renonce à la soutane).
Je ne peux pas dire que ce soit ce qui me parle le plus chez lui, vu mon désintéressement absolu pour la maternité en particulier et la parentalité en général, et j'ai trouvé ici que le trait était forcé concernant la stérilité des prêtres (dont la chasteté peut être vue comme un détachement du physique plutôt que comme une haine de la vie), ce qui ne m'a pas pleinement convaincue (en même temps le trait est forcé dans tout ce roman 😂).

Pour quel public?
Vous l'aurez compris, ma lecture a été mitigée. J'adore Zola et son style si particulier et j'ai donc apprécié ce livre du point de vue rédactionnel. J'aime aussi sa manière si vivante et précise de décrire les lieux et les êtres et le Paradou est clairement un endroit à découvrir dans la géographie des Rougon-Macquart. Le roman, en outre, se termine par une mort ô combien invraisemblable mais ô combien symbolique et superbe! Mais qu'est-ce que c'est long, ces deux tourtereaux, et qu'est-ce que je n'aime pas Serge Mouret... C'est en tout cas un livre à réserver aux amateurs de Zola; je doute qu'un néophyte puisse y trouver son compte!

Allez donc voir ailleurs si cet abbé y est!
L'avis de Karine
L'avis de Tigger Lilly

mercredi 11 avril 2018

Issa Elohim (2018)

Avec Issa Elohim de Laurent Kloetzer, je lis une deuxième fois la collection Une Heure-lumière du Bélial', encensée à maintes reprises par les amis blogueurs. Il y a quelques mois, j'ai lu Dragon de Thomas Day. Cette fois-ci, on suit une journaliste suisse partie rédiger un article sur un camp de réfugiés en Tunisie. Parmi les réfugiés, elle rencontre un jeune garçon aux pouvoirs psychiques étonnants. Il s'agirait d'un Elohim, de mystérieux personnages apparus un peu partout dans le monde et considérés comme des envoyés du ciel ou de "simples" extraterrestres. La journaliste va s'employer à soutenir la démarche du jeune garçon et de ses amis pour obtenir l'asile en Suisse.


Cette longue nouvelle se lit très vite et est prenante, j'ai vraiment passé un bon moment. Laurent Kloetzer a trouvé un ton très crédible pour donner la parole à sa journaliste, qui s'exprime à la première personne (sauf peut-être quand elle est stressée et angoissée, je me suis demandé s'il aurait imaginé un journaliste homme avec les mêmes réactions), et propose un contenu très intéressant, très humain et fort peu science-fictif en réalité. Apparemment, la nouvelle se passe dans le même univers qu'Anamnèse de Lady Star, mais cela n'est pas du tout gênant si on n'a pas lu ce livre-là; elle se tient parfaitement bien toute seule.

Quand j'ai lu les critiques di-thy-ram-bi-ques sur le net, toutefois, je me suis un peu interrogée. Je n'y ai pas vu un chef d’œuvre. Suis-je passée à côté de quelque chose? Je ne sais pas. La fin m'a déplu, c'est sûr, mais elle est tout à fait pertinente, c'est juste que j'aurais préféré autre chose. J'ai trouvé dans cette lecture un texte de qualité, mais pas non plus une œuvre mémorable ou marquante...

Une confession: je trouve le thème de l'opposition entre Suisse et camps de réfugiés, encensé par les critiques que j'ai lues sur d'autres blogs, à la fois d'une grande banalité (du genre on enfonce les portes ouvertes, bien entendu que c'est injuste) et d'une grande naïveté (moi, voyez-vous, je n'accueillerais pas un inconnu chez moi même si ça pouvait le sauver des bombes - j'ai l'impression que ça fait de moi un horrible monstre fasciste mais c'est comme ça - dans Black Panther, je suis résolument contre le coming out du Wakanda 😂). Toutefois, le livre ne me semble pas tant tourner autour de ça que de la relation affective entre la journaliste et les jeunes garçons réfugiés, l'opposition foi/scepticisme et la réaction face à l'inconnu...

samedi 7 avril 2018

Dialogues de bêtes (1905)

Après La Maison de Claudine et Chéri, deux belles découvertes de l'année dernière, j'ai continué ma lecture de Colette avec ces Dialogues de bêtes, un recueil que j'ai acheté d'occasion (mais où? Je suis incapable de m'en souvenir. Peut-être à la librairie du père Pennard à Lyon, en même temps que Chéri.)


J'ai laissé passer plus d'une semaine avant d'attaquer cette chronique et je suis bien incapable de parler correctement de cette lecture. Il s'agit d'un dialogue entre un chat, Kiki-la-Doucette, et un chien, Toby-Chien, qui vivent avec deux humains, Lui et Elle. Bien entendu, leurs visions du monde sont quelque peu différentes et le dialogue donne quelques répliques croustillantes (comme "Plus on me donne, plus je demande. [...] J'ai droit à tout" de la part du chat) ou émouvantes (comme "C'est à lui que j'ai donné mon cœur avare, mon précieux cœur de chat", toujours de la part du chat). Il y a aussi plein de considérations sur le monde humain vu par ces animaux qui ne le comprennent pas totalement. Et puis la plume de Colette, très simple et très élégante à la fois.

Voilààà! J'ai vraiment laissé trainer cette chronique trop longtemps, je suis incapable de vous en dire plus, mais ça m'a confortée dans l'idée de lire Colette! 😊

Le petit truc en plus que je ne veux pas oublier et que vous devez absolument savoir
Cet achat d'occasion contenait une lettre d'American Express présentant à l'un de ses clients le guide "American Express Destination Paris", qui fournit notamment des réductions dans des restaurants. La lettre date d'octobre 1999 et le destinataire (que je ne citerai pas bien sûr ^^) habitait à Saint Quentin Fallavier.

mardi 3 avril 2018

La gamelle de mars 2018

Ce mois de mars a été marqué par une santé chancelante: d'abord celle de mon Homme, puis la mienne pendant quelques jours. Rien de grave heureusement. Du coup, on a regardé des films!

Sur petit écran

Transformers 3 de Michael Bay (2011)
Un troisième opus qui marque la rupture dans la franchise. Chronique complète ici.

Mission: Impossible 5 - Rogue Nation de Christopher McQuarrie (2015)
Je gardais un souvenir mitigé de ce film vu au cinéma lors de sa sortie, mais j'ai vraiment bien aimé cette fois-ci. Il y a pas mal d'humour, ce qui évite au film de se prendre trop au sérieux. C'est dans ce film-ci que Tom Cruise est accroché à un A400M en train de décoller. 😉 J'ai hâte de voir le prochain!

Mission: Impossible 4 - Ghost Protocol de Brad Bird (2011)
J'ai moins aimé cet opus que j'ai trouvé un peu plus décousu (quand l'intrigue s'est dirigée vers l'Inde, j'ai même partiellement décroché). Il fait pourtant partie des films qui m'ont totalement fait changer d'avis sur Tom Cruise il y a quelques années de ça. Notons qu'on a ici la cascade de la tour Burj Khalifa à Dubaï et que la dernière scène lance l'intrigue avec le Syndicate, l'organisation terroriste du 5 et (visiblement) du 6 qui sort cet été.

Pacific Rim de Guillermo del Toro (2013)
J'ai revu avec un immense plaisir ce film que j'adore et qui garde toute son efficacité avec les années. KAIJU GROUPIE quoi. Et quelle musique! Hâte de voir le 2. Des réserves toutefois, quant à l'immense sexisme du machin... 😠😱

Transformers 4 de Michael Bay (2014)
Aïe. Si Transformers 3 marquait la rupture dans la franchise, Transformers 4 en symbolise le naufrage. Un film truffé d'explosions, de belles voitures et de robots géants: on dirait que le contrat est rempli, mais en réalité on s'ennuie ferme et on ne comprend plus rien. Quelle erreur d'avoir échangé le héros gringalet pour un homme aux muscles saillants qui développe on ne sait comment des compétences de combattant et de cascadeur de fou. Quelle erreur de n'avoir fait revenir aucun personnage humain de la trilogie initiale... Quelle erreur d'avoir adopté un ton encore plus sexiste et paternaliste, avec la blonde qui non seulement ne sert à rien mais appelle à l'aide constamment et ne peut rien faire toute seule! Quelle erreur d'avoir gâché le retour de Megatron, notre méchant préféré. Et quelle erreur d'avoir encore compliqué l'histoire des Transformers sur Terre.
On découvre cette fois-ci que les créateurs des Transformers, des extraterrestres mystérieux, ont ravagé la Terre il y a 65 millions d'années en faisant exploser une bombe qui transforme la matière organique en transformium, le métal dont sont composés les Transformers, en vue de créer les Transformers. (Donc, oui, vous avez bien compris, les dinosaures ont été anéantis pour créer les Transformers.) Mais les créateurs sont maintenant décidés à détruire leur création (pourquoi?) et ont envoyé Lockdown chasser les Transformers sur Terre. Heureusement, Optimus réactive les Dinobots se trouvant dans le vaisseau qu'il a volé à Lockdown (que font-ils là? Pourquoi Lockdown les a-t-ils avec lui? Pourquoi ne les réveille-t-il pas pour les faire combattre à son côté?) et remporte le combat.
Bien sûr, le fan sera ravi de voir des Transformers partout, mais même les Dinobots sont sous-exploités et n'arrivent pas à rattraper cet opus. Je recommande chaudement de l'éviter...

Sur grand écran

El laberinto del fauno de Guillermo del Toro (2006)
Une séance UGC Culte chroniquée en détail ici.

Hurricane de Rob Cohen (2018)
Un film catastrophe. J'ai bien aimé. Notons que la présence d'un météorologue équipé d'un véhicule conçu spécialement pour affronter les tempêtes permet de courir les rues assez longtemps et donne des scènes assez sympas.

Black Panther de Ryan Coogler (2018)
J'ai beaucoup apprécié ce film de super-héros très différent des autres Marvel. Déjà, j'ai apprécié qu'on ait affaire à un protagoniste qui 1. a déjà été présenté dans un autre film et 2. a toujours su qu'il serait la Panthère noire et n'a donc pas besoin de découvrir ses pouvoirs ou d'accepter qui il est. En plus, la longue histoire secrète du Wakanda permet d'introduire une réflexion sur la tradition et le passage à la modernité, un truc totalement absent des autres films de ce type (la seule susceptible d'avoir ce type de problème est Wonder Woman, elle aussi héritière d'une longue lignée). Bon et bien sûr c'est LE film d'action américain le plus avancé de tous les temps, je crois, concernant la représentation féminine, étant donné qu'ici LA FEMME EST UN HOMME COMME LES AUTRES ET A AUTANT DE TEMPS DE PAROLE QUE L'HOMME ET NE SERT JAMAIS, JAMAIS DE FAIRE VALOIR. Holàlà. Je jubile. Seule fausse note: les rhinocéros de guerre qui déboulent de nulle part... 😂😂😂

Du côté des podcasts

Incroyable! Je ressuscite cette catégorie que j'avais inaugurée l'année dernière et aussitôt abandonnée, vu que je n'arrivais pas à prendre l'habitude d'écouter des podcasts. Ce n'est qu'un début mais j'ai installé Podcast Addict sur mon téléphone et cela m'a permis d'écouter quelques épisodes de la première saison de Procrastination, le podcast d'Elbakin sur l'écriture, en vaquant à d'autres occupations, genre en découpant des légumes. J'adore cette émission qui est sûrement aussi intéressante pour les écrivains (ou aspirants écrivains) que pour les "simples" lecteurs.

Du côté des séries

Agatha Christie's Poirot - saison 3 (1990-1991)
Nous avons fini la saison 3, aussi délicieuse que les précédentes avec ses manigances meurtrières alambiquées et son enquêteur quelque peu excentrique.

Et le reste

Ayant décidé de lire un magazine par mois en plus de mon fidèle Cheval Magazine, j'ai lu ce mois-ci un anciens hors-série de Mad Movies et Comic Box sur les super-héros. Je l'avais offert à Noël à mon Homme, qui l'avait malheureusement déjà. C'était extrêmement intéressant d'en apprendre plus sur les super-héros et très amusant pour ce qui est de leurs adaptations au cinéma: je pense en effet que ce magazine date de tout début 2005! Je n'ai trouvé la date nulle part, mais on y parle de la récente élection de Bush et on y attend les sorties du premier semestre 2005. Donc tout ça date d'avant Batman Begins et surtout d'avant la déferlante Marvel! Dingue. J'ai découvert tout plein d'adaptations qui ne se sont pas faites (genre Chris Columbus devait adapter Namor, un comics dont je n'ai jamais entendu parler, et Ryan Reynolds était pressenti pour jouer Flash dans un film sur Flash...). C'était passionant.

Bon et bien sûr j'ai lu Cheval Mag: celui de mars en début de mois et celui d'avril en fin de mois.


Merci d'avoir lu jusqu'ici et rendez-vous le mois prochain
pour une nouvelle portion de croquettes!

vendredi 30 mars 2018

Pas pleurer (2014)

Je ne me souviens pas pourquoi j'ai souhaité lire Pas pleurer de Lydie Salvayre. L'auteur avait peut-être été reçue par Livrés à domicile du temps où je regardais cette émission si géniale. Quoi qu'il en soit, j'avais retenu que le personnage de la mère parlait un français mâtiné d'espagnol et cela avait éveillé mon intérêt. Et en effet, quel français!


Le livre alterne entre deux visions des années 1936-1937 en Espagne: celle de George Bernanos, un écrivain français dont j'ignorais l'existence, et celle de la jeune Montse, paysane et future mère de l'auteur.

Les premiers passages m'ont semblé moins remarquables. George Bernanos, sympathisant de Franco dans un premier temps, habitait alors à Majorque et ne tarda pas à déchanter face au franquisme quand il se rendit compte que les phalanges franquistes assassinaient à tour de bras. Catholique, il fut tout particulièrement choqué de voir l'Église se faire complice de ces assassinats (il y eut même des bénédictions de fusils, voilà voilàààà) et s'exprima haut et fort sur le sujet. Lydie Salvayre utilise quelques extraits d'un de ses livres pour lui redonner la parole. C'est très intéressant, mais le vrai sel de ce livre, c'est plutôt...

.... les deuxièmes passages, le récit fait par une vieille dame malade qui ne parle pas un français impeccable de cet été 1936 incroyable, où la république espagnole emportait les esprits des pauvres et des déshérités. C'est le même idéalisme naïf que dans La Fortune des Rougon d'Émile Zola et ça a quelque chose de grisant. Mais sans naïveté de la part de l'auteure et d'un de ses personnages, José, le frère de Montse, qui comprend rapidement que certains de ses compagnons républicains sont aussi barbares que les franquistes.

Montse, devenue âgée, raconte tout ça avec une langue assez formidable, du genre "Ne te ris pas, il y en avait beaucoup comme lui en l'époque, les circonstances le permittaient sans doute, et ce plan il l'a défendu sans calcul ni arrière-pensée, je le dis sans l'ombrage d'un doute". 😂😂 Je n'avais jamais vu ça que dans Les Ritals de Cavanna et j'ai adoré. Il y a même des phrases entières en espagnol, à tel point que je me suis demandée s'il est aussi intéressant de lire ce livre quand on ne connait pas l'espagnol...

Les passages qui ne sont pas dits tels quel par Montes sont aussi rédigés de manière très particulière, avec une plume vive et acérée et un style très oral qui ne plaira pas à tout le monde.

Au-delà de la guerre civile, le livre parle aussi de plein de thèmes liés à l'Espagne de l'époque, notamment la situation économique et sociale des petits paysans et la condition de la femme, particulièrement peu enviables comme on peut l'imaginer. J'ai beaucoup pensé à En finir avec Eddy Bellegueule, même si le milieu d'Édouard Louis semble encore plus pauvre que celui de Montse!

Lydie Salvayre a obtenu le prix Goncourt en 2014 pour ce roman. Considérant que le Goncourt est le principal prix français, je ne sais pas si c'est vraiment mérité, mais en tout cas ce livre mérite d'être lu. De toute façon le crash test est vite fait: si vous n'aimez pas le style des premières pages, laissez tomber! 😂 Pour ma part, j'ai adhéré.

Le petit truc que je ne veux pas oublier / Pourquoi ce livre


Comme je l'ai dit, j'ai dû m'intéresser à ce livre à cause de l'émission Livrés à domicile. Je l'ai acheté parce que je l'ai trouvé à la braderie de la bibliothèque du Chesnay (comme les chevaux de course, il est réformé! 😄). Et je suis passée à l'acte parce que j'ai vu Le Labyrinthe de Pan il y a peu et que j'ai eu envie de rester dans le thème de la guerre civile espagnole.

Allez donc voir ailleurs si ce livre y est!
L'avis de Karine

lundi 26 mars 2018

Courtney Crumrin (2002-2015)

Courtney Crumrin de Ted Naifeh est une série de comics absolument géniale sur une jeune fille, Courtney Crumrin comme vous l'avez peut-être deviné, qui découvre en emménageant chez son grand-oncle avec ses parents que la magie et les créatures fantastiques existent bel et bien et que leur nouvelle ville est habitée par des sorcières et des sorciers. Ici, on risque de ne jamais ressortir des bois si on a le malheur d'y faire de mauvaises rencontres, les chats parlent, on peut passer dans un tout autre monde si on sait où chercher et les bébés ne sont pas forcément ce qu'ils semblent être...


Pourquoi j'adore Courtney Crumrin

Parce que le dessin me plaît;
parce que la maison des Crumrin est ma maison de rêve;
parce que l'oncle Aloysius est l'oncle que j'aurais aimé avoir;
parce que Courtney est une héroïne géniale, indépendante, débrouillarde, décidée, déterminée, bref le contraire de l'ado que j'étais, qu'elle sait assumer ses choix et les conséquences de ses actes, qu'il est facile de s'identifier à elle quand elle se sent seule et perdue, parce qu'elle est drôle et parfois ronchon;
parce que l'univers est irrésistiblement, follement mignon mais aussi très dur, notamment avec le monde d'en-dessous qui ne suit pas les mêmes règles que le nôtre;
parce que le propos est résolument moderne, avec un personnage principal qui se fiche de la couleur de peau de ses amis ou de leur nature s'ils ne sont pas humains et qui ne se laisse pas faire quand on l'embrasse alors qu'elle ne veut pas, et une intrigue dont l'amour au sens de relation amoureuse est pratiquement absent; bref parce que Courtney est le contraire du beauf raciste ou de la jeune fille en fleur qui se cherche à tout prix un copain (comme je l'étais);
parce que c'est l'éternelle histoire du passage à l'âge adulte, que j'ai besoin qu'on me l'explique encore et encore, que c'est présenté ici sans aucune concession, que Ted Naifeh ne vous dit jamais que tout se termine bien mais au contraire que la vie est difficile et fait souffrir;
parce qu'il y aussi beaucoup d'émotion, avec notamment une histoire de fantôme super triste, et plein de sentiments positifs entre personnes qui s'estiment.



Mes quelques réserves sur Courtney Crumrin

Les tomes 5 et 6 bouclent plein d'éléments rencontrés dans les tomes précédents en allant dans une direction qui m'a moins plu et ne m'a pas semblé super crédible, une sombre histoire de complot machiavélique et de prise de pouvoir. Tout ça ne se termine pas super bien. Pour tout vous dire, je préfère les tomes 1 à 3, plus mignons et centrés sur la vie d'ado de Courtney. Le tome 4 et le tome 7 sont un peu à part: le tome 4 se passe en Europe et est moins lié au fil principal et le tome 7 est totalement à part puisqu'il revient sur une partie de la jeunesse de l'oncle Aloysius.

En deux mots

Une série à mettre entre toutes les mains, surtout celles de jeunes filles pour essayer de les sauver du modèle d'oies demeurées que la société essaye de leur inculquer, et à lire impérativement si vous regrettez, comme moi, de ne pas faire partie de la famille Addams. 😍😍


Et oui, cette édition d'Oni Press est superbe, j'adore! 😉 Et même que j'ai fait dédicacer le premier tome à Ted Naifeh quand il est venu en France il y a quelques années... 😍

jeudi 22 mars 2018

Transformers 3 (2011)

J'ai décidé de consacrer un billet dédié à Transformers 3 car cet avis est devenu bien trop long pour ma gamelle mensuelle. Pour info, j'ai déjà parlé de Transformers ici, puis j'ai parlé de Transformers et Transformers 2 ici, et il y a fort longtemps j'ai partagé la bande-annonce de Transformers 3 ici. D'ailleurs j'ai tellement parlé des Transformers sur ce blog que je créé une étiquette dédiée pour m'y retrouver, voilà voilààà. 😂😂


Après deux films clairement orientés humour, le troisième film de la franchise des robots géants, Dark of the Moon de son nom complet, se veut plus sombre. Dès l'introduction, l'humour est moins présent: la situation de Sam (qui cherche sans succès un emploi) est certes amusante mais on ne rit plus comme avant, et certains traits humoristiques sont tellement forcés qu'ils en font presque pitié (par exemple John Malkovich en patron névrosé et Transformer-groupie au sourire plus blanc que blanc). Je pense que c'était une erreur, l'humour étant souvent ce qui sauve les films à grand spectacle totalement décérébrés.

La recette reste par ailleurs la même que d'habitude, avec des courses-poursuites, de superbes voitures, des Mâles virils, des robots géants qui se tabassent entre les buildings et une fille sexy qui court en talons (ou en ballerines selon les plans 😂), mais vraiment ce film marque la rupture dans la franchise. Rosie Huntington-Whiteley manque de charisme par rapport à Megan Fox (et oui, c'est ce film-ci où la première apparition féminine est un plan petite culotte, c'est totalement navrant). Et surtout la bataille de Chicago est interminable: cinquante minutes entre les premiers tirs Decepticon sur la ville et la fin du film, et ce sans même montrer toute la bataille puisqu'on ne sait ni comment Bumblebee et d'autres Autobots sont faits prisonniers, ni comment Optimus récupère la remorque contenant son matériel!

Concernant la cohérence de la franchise dans son ensemble, je ne sais pas quoi faire de cet opus. On apprend que Megatron avait rendez-vous sur Terre avec Sentinel Prime et que ce dernier s'est écrasé par malheur sur la Lune. Est-ce pour ça que Megatron est venu sur Terre? On nous avait pourtant dit dans le premier film qu'il était à la recherche du Cube. Une fois qu'il s'est réveillé après avoir passé quelques décennies en surgelé, pourquoi n'est-il pas allé réveiller Sentinel sur la Lune? Pourquoi n'a-t-il pas fait intervenir l'armée Decepticon cachée sur la Lune? Pourquoi LaserBeak et ShockWave, qui sont sur Terre au moins depuis les années soixante-dix (et qui sont responsables de l'arrêt du programme lunaire américain, sachez-le ^^), ne se sont-ils pas manifestés lors des évènements des deux premiers films?

Bon. Passons.

Sinon, ce film marque la mort d'IronHide, que j'adorais parce que son visage ressemblait à celui d'une panthère, et de StarScream, mon méchant sournois préféré. Je suis très triste. Notons que c'est Sam qui tue StarScream. C'est la première fois qu'il participe activement au combat et ne fait pas que courir très vite. Bravo Sam. ^^

Sinon, j'ai couiné de bonheur et d'hystérie à toutes les répliques d'Optimus, notamment quand il arrive à Chicago sur fond de musique martiale  et s'exclame "WE WILL KILL THEM ALL" de sa Grosse Voix Virile de Vrai Mâle. Purée avec la musique de Steve Jablonsky et Optimus, je suis prête à m'engager dans l'armée américaine quand ils veulent!

Ha et encore quelques trucs: l'image de synthèse est vraiment pas mal du tout dans les trois premiers films, les incrustations des Transformers dans les paysages réels sont très réussies; Michael Bay a bien des tics mais on doit lui reconnaître qu'il filme très bien des scènes d'action très chargées sans jamais perdre le spectateur et que ça ne doit pas être facile, d'autant plus que la moitié des personnages (les Transformers) ne sont pas sur le plateau; John Turturo revient dans ce film mais est moins drôle que les précédents; et Frances McDormand est géniale comme d'habitude. Ha et Megatron meurt à la fin. Mais heureusement on connaît la notion toute relative de la mort en général et de celle de Megatron en particulier dans cette franchise. L'horrible Decepticon reviendra dans Transformers 4. 😍😀

dimanche 18 mars 2018

Bakhita (2017)

Avec Bakhita, Véronique Olmi retrace la vie d'une Soudanaise enlevée enfant, réduite en esclavage, battue et violée, rachetée par un Italien, libérée en Italie, devenue sœur puis reconnue comme bienheureuse puis sainte par l'Église catholique. Un parcours incroyable pour une femme dont je n'avais jamais entendu parler.


Tout commence pendant les années 1870. L'enfant grandit dans la tribu soudanaise des Dagiù. L'esclavage est un risque permanent, les négriers rôdent et certains leur vendent des personnes juste pour se faire un peu d'argent, même si ce n'est pas leur métier. La sœur de Bakhita est enlevée, puis c'est au tour de Bakhita deux ans plus tard, quand elle a sept ou huit ans. Commence la marche vers l'enfer, la traversée du désert à pied sous les coups, jusqu'à El Obeïd pour la vente. Puis c'est la vie dans une famille qui lui offre des conditions relativement clémentes, jusqu'au viol, terrible, par le fils du maître. Violée avant ses dix ans ou à tout pile dix ans – l'âge de Bakhita reste incertain –, putain, je vous laisse imaginer.

Bakhita est ensuite passée chez d'autres maîtres plus violents, avec notamment une scène terrible de scarification forcée, avant d'être vendue à un Italien à Khartoum, où ses maîtres avaient fui face à l'avancée de Mahdi, qui mène les Soudanais à l'attaque du gouvernement égyptien soutenu par les Britanniques. Nous sommes en 1883-1884. Cet Italien va fuir Khartoum à son tour en emmenant son esclave avec lui, et Bakhita va devenir une domestique presque comme les autres – à part par sa couleur de peau bien sûr, qui étonne et fait peur dans l'Italie de l'époque. Puis elle entre dans un couvent pendant que sa maîtresse voyage et ce qui devait être un séjour temporaire deviendra une nouvelle vie.

La première partie du roman est violente et désespérante de par ses conditions inhumaines, la vie terrible de ces esclaves dont la vie ne vaut vraiment pas grand-chose. Le style de Véronique Olmi a quelque chose d'assez simple et ces passages ne sont donc pas intolérables – on est loin de l'horreur zolienne par exemple –, mais c'est abominable de lire tout ça, les morts sous les coups, les gens devenus fous, les séparations au gré des ventes... Les ventes tout court d'ailleurs, la vision des négriers alignant les esclaves et les faisant courir et sauter face aux acheteurs potentiels, l'irruption permanente dans l'intimité, les doigts dans la bouche pour regarder les dents.

La deuxième partie est plus apaisée mais tout aussi intéressante; c'est la rencontre avec une Italie provinciale bien tranquille à la fin du XIXe, puis la Première Guerre mondiale et la montée du fascisme, avec la politique coloniale italienne qui s’enorgueillissait de civiliser les Africains. Le contraste est d'ailleurs intéressant entre cette sœur perdue, qui garde la peur de mal faire de son passé d'esclave et qui aide tous ceux qu'elle peut aider, et la société complètement raciste avec sa vision toute faite de l'Africain "simplet"...

Passons maintenant aux critiques. J'avais déjà lu un livre de Véronique Olmi il y a quelques années, Cet été-là, et je n'avais pas aimé du tout, même si je ne me souviens pas pourquoi. J'ai trouvé ce livre-ci beaucoup plus abouti et maîtrisé. J'ai des réserves, toutefois, face au style un peu naïf et un peu simple, ou plutôt transparent dans la manière dont il fait passer l'émotion. Je ne sais pas trop comment décrire ça mais c'est quelque chose que j'ai souvent identifié en littérature blanche contemporaine. On sent que l'auteur et l'éditeur prennent ça très au sérieux mais je ne suis pas tout à fait convaincue...

La deuxième critique concerne le personnage de Bahkita, qui est décrit ici comme d'une candeur incroyable, à croire qu'elle était simple d'esprit. Alors je suis bien consciente qu'être enlevée à sept ou huit ans, battue quotidiennement, violée à dix ans maximum, ce n'est pas du tout bon pour le développement d'un enfant et que ça ne créée par des adultes fonctionnels... Mais de là à ce qu'elle soit restée une petite fille dans sa tête toute sa vie... Du coup, je n'ai pas ressenti d'empathie particulière pour elle, alors qu'elle a réellement eu une vie terrible! 

Enfin, dernière critique: on ignore totalement ce qui est vrai et ce qui est romancé. Véronique Olmi n'a pas indiqué comment elle a reconstruit cette existence. C'est un peu dommage. Je pense qu'elle a été globalement fidèle aux faits historiques mais j'aurais aimé savoir si/pourquoi/comment elle a ajouté certaines choses.

En deux mots: un livre passionnant qui se lit tout seul malgré son énorme taille. À découvrir sans hésitation, malgré les critiques abordées ici, si l'histoire vous intéresse.

mercredi 14 mars 2018

UGC Culte: El laberinto del fauno (2006)

J'ai profité de la suspension de mes cours de yoga du jeudi pendant les vacances scolaires pour me faire une séance UGC Culte, un plaisir bien trop rare à mon goût. Et quel plaisir de découvrir le Labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro sur grand écran! Je n'avais jamais vu ce film dont j'avais entendu dire beaucoup de bien et il s'est révélé à la hauteur de sa réputation.


En 1944, une toute jeune fille espagnole, Ofelia, et sa mère enceinte rejoignent le deuxième mari de celle-ci à la montagne. L'homme, officier de l'armée régulière, est chargé de traquer les résistants qui s'opposent encore au régime de Franco malgré leur défaite dans la guerre civile. Ofelia découvre dans la forêt autour de leur habitation un étrange labyrinthe de pierre abandonné. Elle ne tardera pas à y revenir de nuit, guidée par une fée (oui!), et à y rencontrer un vieux faune qui lui révèlera qu'elle devra passer trois épreuves avant la pleine lune afin de rejoindre le royaume magique dont elle vient et dont elle ne se souvient pas.

Réalité et rêve s'entremêlent dans cette histoire triste, dure et tragique mais également pleine d'humanité et de sentiments forts, et empreinte d'un héroïsme extrêmement remarquable parce que très diversifié. Guillermo del Toro a compris qu'on peut être un héros de bien des manières et il le montre! J'ai adoré cette palette de personnages authentiques qui m'ont beaucoup marquée. Ofelia (jouée par Ivana Baquero, remarquable) ne comprend pas bien ce qu'il se passe autour d'elle, dans le monde des adultes (et heureusement pour elle, quelque part...), mais elle sent la tristesse de sa mère et voudrait tout faire pour que les choses aillent bien. Elle saura affronter des horreurs dans la nuit pour passer ses trois épreuves mais aussi tenir tête à son beau-père, pendant humain des monstres magiques. Mercedes (Maribel Verdú), l'intendante de la maison, fait preuve d'un courage incroyable en s'engageant pour aider les résistants alors qu'elle travaille sous les ordres de l'homme chargé de les exterminer. Le docteur (Alex Angulo) prend aussi énormément de risques et finit par prendre une décision terrible, dans une scène d'une incroyable justesse émotionnelle qui pose énormément de questions sur ce qu'est la dignité et sur ce qu'on est prêt à faire.

Le contexte de la guerre civile espagnole est très bien exploité pour faire ressortir la dignité de certains et la cruauté d'autres. Le seul reproche qu'on pourrait faire à ce film, c'est que le capitán Vidal est un horrible militaire insensible qui relève quelque peu du cliché; mais pourtant lui aussi est parfaitement crédible et a du caractère, bref n'est pas un personnage de papier. J'ai pensé une fois de plus, comme je l'avais déjà fait dans des lectures passées (à la belle époque où je lisais régulièrement en espagnol, ce qui n'est plus du tout le cas aujourd'hui), que l'Espagne digère encore aujourd'hui un énorme traumatisme lié à la guerre civile et au franquisme, probablement lié au fait que le franquisme a perduré pendant trente ans après la Seconde Guerre mondiale. C'est donc une génération de plus qui l'a connu par rapport à l'Italie (où la génération d'après-guerre, celle du baby boom et de mes parents, n'a pas connu le fascisme), et cela n'a rien à voir avec Vichy pour la France.

En parallèle de ces évènements terribles, le film ne manque pas de sentiments. Au contraire, l'amitié et l'amour survivent malgré tout. Il y a l'amour d'Ofelia pour sa mère et vice-versa: la scène où elles s'endorment ensemble est tellement simple et vraie. Il y a l'amour que Mercedes et Ofelia échangent, leur amitié qui nait dans ce contexte terrible, sous la coupe d'un homme dur et dangereux. L'amour pour un tout petit enfant aussi. Et un sentiment fort qui n'a pas de nom qui surgit face à la mort: je pense à la scène de la décision du docteur, cette compassion extrême à l'instant le plus crucial.

Ce qui fait tout le sel de ce film, bien sûr, c'est aussi le monde fantastique dans lequel Ofelia doit passer ses trois épreuves: le labyrinthe où vit le faune, l'arbre du crapaud, la salle à manger de la créature de cauchemar. On voit bien la patte de del Toro, qui prouve qu'il est un excellent réalisateur! À côté, Pacific Rim – film que j'adore pourtant avec une hystérie considérable – fait vraiment pâle figure... Je savais que le film se passait en grande partie dans notre monde et que les séquences fantastiques étaient minoritaires, mais elles valent vraiment le détour. J'ai adoré ce monde ancien et aussi fascinant que dangereux!

C'était également un plaisir de voir un film en version originale espagnole. C'est extrêmement rare et cela m'a permis de confirmer quelques traductions rencontrées dernièrement (car depuis quelques mois l'espagnol est la principale langue source de mes traductions, une évolution tout à fait inattendue), comme despacho pour bureau... Et  j'ai exulté en repérant quelques concordances des temps, comme un certain "hubiera podido obedecerme"...

Voilà, une très belle découverte et un moment riche d'émotions que je n'oublierai pas. Le mot de la fin: on me signale que c'est Doug Jones, alias Saru dans la série Discovery et la créature aquatique dans la Forme de l'eau, qui joue le faune et la créature de cauchemar... 😃

samedi 10 mars 2018

Le Crépuscule des dieux (2017)

Et voilà: presque deux ans après avoir lu le Château des millions d'années, j'ai enfin terminé la tétralogie des Origines de Stéphane Przybylski, qui s'était poursuivie avec le Marteau de Thor et Club Uranium. Et ce n'était que du plaisir! J'ai dévoré ce tome pendant un week-end béni où ma principale activité a consisté à lire en pyjama sur mon canapé et j'ai passé un excellent moment.


L'auteur reprend la méthode et les ficelles des tomes précédents, à savoir un découpage temporel non linéaire d'une part et du complot et du double jeu d'autre part. J'ai cru déceler, toutefois, une véritable amélioration de la rédaction, notamment avec des allers-retours dans le temps plus espacés qui permettent de s'y retrouver plus facilement et des chapitres plus délimités dans leur contenu, qui permettent de connaître des évènements annoncés à la fin du chapitre précédent par exemple, sans qu'il ne faille attendre cent pages pour en savoir plus.

Le roman commence fin 2017 mais revient rapidement à l'époque de la guerre, avec le récit de la résurrection d'un personnage qui avait réapparu à la fin du tome précédent si je ne me trompe pas (un vrai coup de tonnerre, soit dit en passant; j'adore qu'une figure si négative ait eu un rôle aussi important). Puis on se balade au fil des années cinquante à quatre-vingt pour reconstruire l'affrontement entre le Club Uranium et Saxhäuser et entre deux partis d'extraterrestres pour l'avenir de l'humanité (ou pas, en fait). Signalons au passage que les "améliorations" vécues par Saxhäuser se marient parfaitement à l'idéologie nazie dans des activités secrètes abjectes commencées dans les camps de la mort et poursuivies en Amérique du Sud, où se sont enfuis de nombreux nazis. D'ailleurs le livre parle beaucoup de la survivance du mal et de la manière totalement opportuniste dont les gouvernements des "gentils" se sont accommodés de cette présence nazie en Amérique du Sud. La plupart des personnages naviguent dans une zone gris foncé où le blanc n'est qu'une idée très vague.

La fin, habilement préparée et assez spectaculaire, nous ramène là où  tout a commencé, dans le Château des millions d'années dans la vallée du Petit Zab en Irak, avec une scène qui reprend même mot pour mot le dernier chapitre du premier tome. Ce qui me laisse penser que Stéphane Przybylski savait très tôt où il allait et a mené tout cela avec brio. Il faudrait limite tout relire une fois qu'on connaît la fin pour mieux savourer comment tout le monde, dans cette saga, a trompé tout le monde!

Une belle série qui se termine, donc. J'ai toujours quelques retenues stylistiques, notamment un niveau de langage un peu trop élevé ou formel dans des situations de grande tension, mais vraiment ça valait la peine de faire ce long voyage de quasiment 2000 pages au total. Merci Vert de m'avoir prêté ce dernier tome! 😃

Allez donc voir ailleurs si ces dieux y sont!

mardi 6 mars 2018

Les eaux troubles du mojito et autres belles raisons d'habiter sur terre (2015)

Chronique express!


Fidèle à lui-même, Philippe Delerm explore dans Les eaux troubles du mojito de petites tranches de vie synonymes de bonheurs plus ou moins grands. Le format est toujours le même, avec deux ou grand maximum trois pages par texte. La nouveauté me semble être que Delerm lui-même se cache derrière ce "on" qui sourit doucement en voyant de jolies choses, avec des textes qui font clairement référence à des choses qui lui sont arrivées (je pense par exemple au concert, une anecdote à laquelle on peut plus difficilement s'identifier qu'à d'autres). Le ton est toujours le même, simple, bienveillant et mélancolique à la fois, avec des passages poignants de bonheur (le temps qui s'étire au bord de la mer, un soir d'été, quand on repousse le moment de mettre fin à la journée). Je souligne toutefois la présence d'un texte extrêmement triste sur une personne âgée et malade qui a bien failli me faire fondre en larmes... Alors, certes, la découverte et la fascination associées à la Première gorgée de bière ne sont plus là, mais je garde toute mon admiration et mon amour pour cet écrivain décidément bien talentueux et qui a, je crois, tout compris à la vie.

vendredi 2 mars 2018

La gamelle de février 2018

Un mois court mais assez bien rempli du point de vue culturel. Je suis allée quatre fois au cinéma et j'ai regardé deux films sur la télé: ça fait six films en tout et c'est plus que la plupart des mois! Par manque de temps, ce billet sera par contre maigre en photos...

Sur petit écran

Transformers de Michael Bay (2007)
J'avais prévu une soirée lecture et voilà que mon Homme met France 4 le soir où ils diffusent le premier Transformers. J'étais fichue. J'étais obligée de regarder. Le premier film de la franchise est tellement génial avec son humour omniprésent et son dynamisme, c'est vraiment le film pop-corn idéal. J'adore la diversité de personnages-référence (l'ado loser avec une "tchatche" d'enfer, le soldat courageux, le secrétaire de la Défense "à l'ancienne") et le petit côté épique. Alors certes il y a déjà pas mal d'invraisemblances mais on est loin de l'absurdité des opus suivants. C'est un film d'action drôle avec des robots géants. C'est ce qu'on lui demande d'être et c'est parfait.
À retenir en plus: les Autobots étaient plus primitifs dans ce film, on voit plus leurs "structures" quand ils arrivent sur Terre, et ils ressemblent plus à des véhicules (par la suite, ils se sont épaissis et sont devenus des robots humanoïdes); Bumblebee est sur Terre en premier et on ne sait pas depuis combien de temps (ce qui pourrait justifier certaines révélations de Transformers 5); les deux personnages féminins ont plus de lignes de dialogue dans ce film que dans tous les autres cumulés; Shia LeBeouf est hilarant; et décidément Megan Fox était irremplaçable et manque à la franchise.

Transformers 2 de Michael Bay (2009)
Le deuxième opus de la franchise fait un peu dans la surenchère avec encore plus de Transformers et encore plus d'explosions, mais en gardant, heureusement, son humour caractéristique. JetFire, le Decepticon qui est passé chez les Autobots, est particulièrement hilarant. Mon Homme me faisait aussi remarquer que les personnages non-militaires, comme ceux de Sam (Shia LeBeouf) et Mickaela (Megan Fox), ne deviennent jamais des super-héros mais se contentent de courir très vite pour échapper aux tirs des Decepticons, un trait "réaliste" très appréciable dans une franchise marquée par les invraisemblances.
Une critique: à partir de la moitié du film, la sexualisation extrême de Megan Fox devient plus agaçante parce que son personnage commence vraiment à servir de faire-valoir (alors qu'au début, elle a une existence propre et fait des choses). Il faut même la tenir par la main pour qu'elle coure. Le truc que je ne supporte pas.
Dans ce numéro, on découvre que les Transformers habitent sur Terre depuis très longtemps. Déjà, ils sont venus détruire notre Soleil il y a des lustres. L'agent Simmons (excellent John Turturo, un des éléments comiques irrésistibles de cette franchise: "one man... alone... betrayed par his country...") explique que le Secteur Sept, le bureau gouvernemental qui gardait Megatron surgelé dans un barrage dans le premier épisode, n'avait pas pris les indices qu'il avait réunis au sujet de la présence des Transformers au sérieux. On voit des photos de voitures anciennes correspondant à des Transformers et on découvre que JetFire est planqué au grand musée de l'air de Washington. On pourrait donc imaginer l'existence de deux sociétés humaines secrètes sur Terre connaissant l'existence des Transformers, le Secteur Sept (désormais remplacé par le NEST, le corps militaire humain-Autobot) et celle révélée dans le cinquième film, la première ignorant l'existence de la seconde? La suite nous le dira. En tout cas le cinquième film me paraît nettement moins invraisemblable maintenant que j'ai revu les deux premiers. Je suis abasourdie.
Une dernière remarque: les aller-retours des protagonistes entre Gizeh en Égypte et Pétra en Jordanie sont limite drôles tellement ils sont invraisemblables. Selon Google Maps, il y a dix heures de trajet en voiture. 😂😂 Et puis quelle chance de tomber à Pétra un jour où il n'y a pas de touristes... Lol.

Sur grand écran

Three Billboards Outside Ebbing, Missouri de Martin McDonagh (2018)
Un excellent film porté par une Frances McDormand magistrale au charisme incroyable. J'ai adoré la diversité de thèmes abordés (le deuil, les relations familiales, le devoir, le racisme, la haine, l'amour, l'ambiance de petite ville, le pardon) et l'espoir et l'humanité qui perdurent dans des faits très durs. Les autres acteurs ne sont pas en reste. J'ai rarement vu autant de personnages autant travaillés dans un même film; chaque personnage secondaire a une existence propre et présente plusieurs facettes. Il s'agit probablement du film de l'année.

Pentagon Papers de Steven Spielberg (2017)
Après Lincoln et Three Billboards, encore un beau film tout en teintes de gris avec des personnages complexes et des thématiques variées. On cause ici de liberté de la presse, de devoir, d'émancipation féminine et d'amitié. Et ce sans envolée lyrique naïve à part à la toute fin; il s'agit bien de suivre ces quelques journées qui chamboulent la vie d'un journal et de ses employés, directeurs ou propriétaires, et d'étudier les réactions face à un danger bien réel. Meryl Streep est magistrale comme toujours.

Fifty Shades Lighter de James Foley (2018)
Dernier rendez-vous avec le beau Christian Grey, accompagné cette fois-ci par madame Grey puisqu'Anastasia et lui se marient au début du film. Le voyage de miel des deux tourtereaux dans une Europe paradisiaque est interrompu brutalement par la nouvelle que les serveurs de l'entreprise de Christian ont été forcés. Le coupable est l'ancien chef d'Anastasia, dont on découvrira ici pourquoi il en veut autant à notre couple modèle.
Que dire? Le troisième opus reprend la recette des précédents avec un peu moins de sexe (et plus du tout de SM, déjà absent du deuxième si je ne me trompe pas) et quelques sous-intrigues (l'éventuelle relation extraconjugale du frère de Christian, la place d'Anastasia au bureau). Ça ne vole pas haut mais ça se laisse regarder. Christian essaye d'enfermer Anastasia dans une boîte dorée et ne veut pas lui prêter sa voiture (lol!), Anastasia veut quand même travailler, le danger et un élément perturbateur font irruption, tout est bien qui finit bien. Dans une Amérique heureuse où tout le monde est blanc, mince, beau, très très riche et membre d'une famille conventionnelle, comme dans toutes les romances. J'ai été un peu gênée par cet aspect cette fois-ci parce qu'Anatasia tombe enceinte et que la possibilité de ne pas garder le bébé n'est même pas prononcée/suggérée, il va de soi que maintenant qu'il est là elle sera mère. Mais bon ce n'est pas lié à ce film en particulier. Même Scrubs, série tellement humaine et géniale, se termine sur une scène de bonheur familial que j'aurais trouvée nauséabonde si je n'avais pas tant aimé les personnages... 😓😡😲😶
Mon avis sur le premier et le deuxième film.

The Shape of Water de Guillermo del Toro (2017)
Je n'ai pas trop aimé  ce film qui est certes joli et plein de bonnes intentions mais m'a surtout semblé terriblement culcul, avec un thème culcul, un message culcul, une musique culcul, une héroïne culcul et une fin culcul. Et j'ai trouvé le méchant qui n'a rien pour lui et qui est vraiment très très méchant un peu fade. Une façon pas très subtile de dire que le monstre n'est pas celui qu'on pense. Le passage dans lequel l'héroïne chante m'a carrément sortie du film. Mais bon je pense qu'il faut le voir tout de même, il y a plein de choses intéressantes (ne serait-ce que le fait que l'héroïne ne parle pas, c'est un sacré défi!), et on voit Mister Ed, le cheval parlant, à la télé! 😀😀😀😀


Du côté des séries


Star Trek Discovery - saison 1 (2017)
Malgré un dernier épisode très expéditif, j'ai adoré cette série joliment humaniste aux personnages attachants et intelligents et dans laquelle les femmes sont des hommes comme les autres.
Je ne suis pas prêt d'oublier "Don't you bow to your Emperor?" et "We are Starfleet". 😍

Agatha Christie's Poirot - saison 3 (1990-1991)
Les enquêtes jubilatoires de Poirot continuent!


Et le reste


J'ai lu un ancien hors-série de Mad Movies consacré à James Cameron, réalisateur que j'adore pour Titanic et Avatar mais que je connais peu étant donné que je n'ai vu, justement, que ces deux films. Il faut décidément que je voie Aliens et Abyss, qui semblent vraiment très intéressants, et même Terminator, film que je n'ai jamais vu et que j'ai toujours considéré comme le fond du fond du film décérébré, a l'air d'avoir de l'idée! Je suis très contente, en outre, d'entendre dire du bien d'un réalisateur que j'entends plutôt se faire lyncher à cause de l'aspect romantique de ses films (et l'impression persistante que certains adorent adopter une pose anti-Cameron pour montrer qu'ils ne font pas comme tout le monde). Par ailleurs, Michael Bay se fait un peu tailler et c'est très drôle. ^^

Pas de Cheval Mag cette fois-ci, j'ai trouvé mon numéro dans ma boîte aux lettres le 28 et n'ai donc pas eu le temps de le lire.

Et vous? Ce mois de février a-t-il été satisfaisant?
Rendez-vous début avril pour la gamelle de mars!