jeudi 9 mars 2017

The Handmaid's Tale (1985)

Voilà une lecture pas facile à chroniquer!


Pour la petite histoire, j'ai acheté ce livre d'occasion en croyant que c'était une histoire de fantômes (avouez qu'avec une couverture pareille...). J'ai ensuite dû me rendre compte de mon erreur et il a végété dans ma pile à lire pendant plus d'un an et demi... Et puis je l'ai vu apparaître dans la colonne "lecture en cours" du blog de Vert, qui m'a dit qu'il était très bien, ce qui m'a enfin incitée à le prendre en main!

The Handmaid's Tale de Margaret Atwood est un très bon et très beau livre, avec un thème de première importance et une très grande finesse psychologique. Cette dystopie sinistre dans laquelle les États-Unis sont devenus un régime totalitaire théocratique met l'accent sur la situation de la femme, réduite à sa fonction biologique de reproductrice en période de chute de la natalité. La narratrice, Offred, a pour seul métier d'attendre dans sa chambre, en silence, que vienne le moment de faire quelques courses... ou de se faire féconder par son patron au cours d'une cérémonie bien rodée.

Rédigé au présent, le récit donne voix à une narration presque désincarnée, qui m'a fait l'effet d'un corps qui avance comme un robot: je pousse la porte, je traverse le jardin, je rejoins la rue, j'aperçois une voiture. Mais en parallèle les sentiments étaient bien présents, avec tous les souvenirs du monde d'avant (quand tout plein de femmes avaient des boulots ou portaient des jupes et qu'Offred avait un prénom et une famille) et la multitude de sensations associées au moindre mot prononcé dans un contexte où la pensée est soigneusement surveillée.

Le parallèle avec le Big Brother de 1984 de George Orwell (mon avis ici) est évident, mais la chose est peut-être plus inquiétante ici car Offred donne quelques bribes d'informations sur la manière dont le monde a évolué et qu'elles sont plutôt plausibles. À l'ère des mégadonnées, quoi de plus facile que de verrouiller complètement la vie d'une catégorie de la population en lui coupant son accès à son argent par exemple?

Une autre référence évidente, liée à la sensibilité de la plume et à la prédominance, l'aspect vital de la fertilité, m'a vite sauté aux yeux: Les Fils de l'homme de P. D. James, dans lequel la société se structure autour de la grossesse avec des tests de fertilité, voire des dons de sperme (je ne me souviens plus précisément), obligatoires et une véritable obsession collective pour l'enfant qui représente l'avenir.

Je me suis d'ailleurs demandée si ces deux auteures ne sont pas victimes de leur sexe, car quand on y pense Les Fils de l'homme n'est pas si connu que ça, d'autant plus qu'il a été éclipsé par le succès grandissant de l'adaptation d'Alfonso Cuaron, et que je n'ai jamais entendu parler de ce livre-ci jusqu'à ce que je l'achète par erreur, alors même qu'il s'agit vraiment de romans du niveau de 1984. De là à se dire qu'on les ignore parce qu'ils ont été écrits par des femmes, il n'y a qu'un pas que j'ai bien envie de franchir... (Ensuite, je suis bien consciente que 1984 a un côté "prophétie avérée" qui lui donne sûrement du crédit plus le temps passe, hein, je ne suis pas juste parano.)

J'ai été un peu plus réservée sur le dernier chapitre: je ne suis pas tout à fait convaincue de son intérêt de manière générale, mais surtout je n'ai pas bien compris l'implicite qu'il véhicule et je n'ai pas su comment l'interpréter.

Pour conclure, je ne peux pas vraiment dire que j'ai aimé ce livre, son contenu étant trop inquiétant. Mais c'est un très bon livre, un peu comme un En finir avec Eddy Bellegueule par exemple (mon avis ici), et il mérite vraiment d'être lu.

Allez donc voir ailleurs si cette Servante y est!
L'avis de Grominou

11 commentaires:

  1. Je peux pas lire la fin à cause de la jaquette de cd bouhouhou.
    Mais sinon vert et toi vous le vendez super bien, il me fait grave envie.

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    1. Je ne peux pas répondre au commentaire de Shaya sur le billet précédent depuis deux jours à cause de ça, il est pile sur le bouton "envoyer" XD
      Ha mais il faut vraiment que tu le lises un jour ce bouquin, tu peux vraiment pas passer à côté.

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    2. D'ailleurs je ne peux pas non plus répondre à ton commentaire sur mon billet "je râle" XD

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    3. Moi j'ai bloqué l'image avec Adblock pour réussir à commenter ton autre billet (c'est de la ruse ^^).
      Sinon c'est un beau roman. Et accessoirement je crois que je ne savais même pas que Les fils de l'homme était une oeuvre adaptée, faudra peut-être que je me penche sur le roman quand même.

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    4. Haha bien joué :D
      Hoo mais ouiiii il faut que tu le lises. Bon l'adaptation ciné est assez éloignée, le livre n'est pas du tout porté sur l'action et ce n'est pas la guerre. Mais il est plein de bonnes choses.

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  2. Moi non plus je ne vois pas la fin, mais j'ai tout de même pu comprendre que tu as beaucoup aimé; je l'ai lu il y a plusieurs années et beaucoup apprécié moi aussi, après un début un peu difficile pour les raisons que j'évoque dans mon billet, que je viens de relire.
    http://jai-lu.blogspot.ca/2009/03/la-servante-ecarlate.html

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    1. Hoo je n'avais pas pensé à regarder si tu l'avais lu! :) J'ajoute le lien vers ton billet du coup.
      Aucune difficulté pour moi, je suis rentrée dedans direct. Je n'ai pas forcément été "happée" mais la lecture coulait toute seule.

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  3. C'est cool que tu aies aimé ! Je note la référence de P.D James, ça peut m'intéresser :)

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    1. Ha mais oui grave :) J'ai cru comprendre chez Vert que tu beaucoup aimé ce livre toi aussi. Tu ne l'avais pas chroniqué?

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