mercredi 30 novembre 2016

Tales of Terror and Mistery (1922)

En octobre, je suis tombée sur ce recueil de Conan Doyle chez Hodges Figgis, une grande et belle librairie dublinoise (dont j'apprends avec tristesse qu'elle n'est pas indépendante mais appartient à la chaîne britannique Waterstones). J'ai adoré tout ce que j'ai lu de Doyle, le titre parlait de terreur et il y avait un bel œil de chat en couverture: je n'ai évidemment pas hésité à l'acheter (et j'ai aussi acheté Tales of Twilight and the Unseen qui était à côté ^^).


C'était une lecture jubilatoire et vraiment brillante, même si je dois tempérer un peu son titre: on n'a guère peur ici et on ne risque pas de faire des nuits blanchesl! On est plutôt dans le domaine de l'énigme. Dans les Tales of Mystery, certains textes sont même des compte-rendus d'enquêtes policières apparemment insolubles.

Tales of Terror

The Horror of the Heights (1913)
Si ce n'est pas un titre lovecraftien avant l'heure, ça! 😊 Et c'est même une nouvelle lovecraftienne tout court, puisqu'on y lit le journal d'un aviateur qui explique comment il s'est élevé au-dessus des nuages, à l'altitude record de 30 000 pieds (soit un peu plus de 9 000 mètres), pour explorer les "jungles" aériennes présentes à cette altitude. Et cet aviateur, après avoir aperçu des choses, a disparu...

The Leather Funnel (1902)
Un Anglais de passage à Paris chez un ami très porté sur l'occulte passe la nuit avec un entonnoir en cuir (le funnel du titre – je ne connaissais pas ce mot) qui a attiré son attention et qui, selon son ami, présente des caractéristiques très particulières. Et en effet, une fois endormi, le narrateur semble voyager dans le temps dans ses rêves.
Cette nouvelle fantastique assez classique, que Maupassant aurait très bien pu écrire, est très savoureuse (j'aime tellement ce genre!!) et un peu plus sombre que la précédente. Les histoires de torture, ça met rarement à l'aise...

The New Catacomb (1898)
Pas d'élément fantastique cette fois, juste une belle ambiance mystérieuse et sombre, et un brin étouffante, lorsqu'on accompagne deux amis britanniques dans une toute nouvelle catacombe découverte par l'un d'eux près de Rome. J'ai vu venir la fin très vite cependant, le suspense n'était pas insoutenable.

The Case of Lady Sannox (1893)
Un mystérieux visiteur turc demande l'aide d'un célèbre chirurgien londonien. J'ai vu venir la chute très vite. La nouvelle est cruelle mais n'a rien d'effrayant.

The Terror of Blue John Gap (1910)
Autre nouvelle lovecraftienne avant l'heure!! Haha!! J'ai adoré!!
La rumeur veut que Blue John Gap, une grotte inexplorée dans la campagne anglaise, soit habitée par une créature monstrueuse qui en sort pendant les nuits sans lune pour dévorer quelques moutons dans les environs. Le narrateur, un homme rationnel qui n'est pas du coin, n'y croit pas une seconde et décide d'explorer la grotte pour prouver qu'il n'y a pas de monstre. Haha!! Quelle idée!!

The Brazilian Cat (1898)
J'ai été un peu déçue par ce texte car je m'étais fait tout un film avec un chat-vampire exotique. Mais ce cat brésilien est en réalité un big cat, un grand félin. Le grand félin de la couverture d'ailleurs, l’œil jaune n'étant pas, comme je le croyais, celui d'un chat. La nouvelle est sympa en soi, mais il n'y a pas de surnaturel et ça m'a manqué.

Tales of Mystery

The Lost Special (1898)
Un train express, un special demandé par un riche passager pressé, n'est jamais arrivé à destination. Il est parti à l'heure de la gare de départ, a passé la deuxième gare à l'heure, la troisième gare à l'heure, et soudain, plus personne ne l'a vu passer. Où est-il et qu'est-il advenu des passagers? La police ne sait quoi penser et les indices sont si rares que même un détective très en vue qui parle des "elementary principles of practical reasoning" (suivez mon regard.....) ne sait trouver le fin mot de l'histoire! Des années plus tard, heureusement, une confession vient éclairer l'affaire...

The Beetle-Hunter (1898)
Un jeune médecin londonien sans le sou est recruté pour ses compétences médicales mais aussi, étrangement, en raison de son intérêt pour les insectes! Ce texte est plaisant mais plus anecdotique.

The Man with the Watches (1898)
Autre texte plus anecdotique (à tel point que je ne me souviens plus très bien). Ça concerne un cadavre retrouvé les poches pleines de montres dans un train à bord duquel il n'est jamais monté. Comme dans The Lost Special, l'enquête échoue jusqu'à ce qu'une confession vienne expliquer les faits des années plus tard.

The Japanned Box (1898)
Un texte guère mystérieux à cause des progrès de la technique, mais touchant et un brin triste. Après vérification, japanned signifie en laque.

The Black Doctor (1898)
Autre texte plus anecdotique, une histoire de meurtre à la campagne. Ça reste plaisant parce que Conan Doyle écrit bien, évidemment, mais ce n'est pas mémorable.

The Jew's Breastplace (1899)
Le niveau repart à la hausse avec ce texte assez fascinant qui se passe dans un musée d'antiquités londonien, rempli de momies et de bijoux issus d'un passé lointain. Ça fait rêver! Et le mystère concernant le plastron hébreux est assez intéressant, puisqu'un voleur détache les pierres précieuses qui le décorent mais ne les vole pas...

The Nightmare Room (1921)
Une très belle fin. Dans cette histoire d'empoisonnement, tout tient dans l'ambiance et dans la description de la diabolique empoisonneuse. J'y ai cru jusqu'au bout...

Une très belle lecture, donc. Conan Doyle est un génie, m'a dit un jour un copain sur Facebook, et c'est vrai. Il est vraiment très fort pour poser une atmosphère et distiller les indices de ses histoires, et le petit côté rétro de la société anglaise de la fin du XIXe et du début du XXe est juste jubilatoire. Il est aussi extrêmement plaisant et stimulant de lire autre chose que Sherlock Holmes; j'adore Sherlock Holmes, mais Conan Doyle a eu une production absolument hallucinante et il est dommage qu'elle ait été éclipsée par la célébrité de son détective! J'ai hâte de lire l'autre recueil en ma possession et je pense que je commanderai les autres recueils disponibles auprès de cet éditeur.

Ce qui m'amène au mot de la fin, sur cet éditeur justement: Alma Books. C'est une petite maison d'édition (j'aime!) britannique fondée par deux Italiens (j'adore!), qui s'attache notamment à publier des classiques peu connus dans sa collection Alma Classics, dont fait partie ce recueil. Pour vous donner une idée du niveau, ils ont publié la traduction anglaise du Rêve de Zola, un tome des Rougon-Macquart qui n'est même pas franchement connu en France (un de ceux qu'on ne lit que quand on lit tous les Rougon-Macquart, quoi!).

Je dois dire que ce livre était joliment soigné pour un prix raisonnable (je ne sais plus combien je l'ai payé à Dublin, mais la couverture annonce 8£ pour le Royaume-Uni) et j'ai été marquée par la pertinence des notes explicatives, qui m'ont bien aidée dans le cas de certaines références antiques. Un éditeur à suivre, donc!

Directement ou indirectement, je vous ai déjà parlé de Conan Doyle sur ce blog...
Une citation rigolote quand j'ai fini de lire l'intégrale de Sherlock Holmes
Une adaptation en BD très pratique pour réviser ses classiques

Pour aller plus loin...
La liste des œuvres de Conan Doyle où j'ai pris les dates de publication de chaque nouvelle composant ce recueil de 1922 (hallucinant, il était trop prolifique!!)

dimanche 27 novembre 2016

Arsène Lupin, gentleman cambrioleur (1907)

Chronique express!


Quel plaisir que de découvrir Arsène Lupin! Ça se lit juste tout seul et ça se SAVOURE! Je croyais avoir affaire à un roman, mais ce premier livre est en fait un recueil de nouvelles. On y découvre la carrière du plus célèbre des cambrioleurs, parfois dans le désordre: on commence par son arrestation aux États-Unis, alors qu'il débarque d'un paquebot, puis on le retrouve en prison et en train de s'évader, et on découvre même son tout premier forfait, bien avant qu'il ne devienne célèbre. C'est très ingénieux du point de vue criminel et juste irrésistible stylistiquement tellement c'est frais et charmant. J'aurais pu lire ce livre d'une traite si je n'avais pas été un peu malade et sonnée ce jour-là (et si vous lisez ce blog avec un tant soit peu d'attention, vous savez que je manque de temps pour lire et n'ai plus trop le loisir de lire un livre d'une traite). J'ai très très envie de continuer avec ce personnage et je pense que Maurice Leblanc mérite vraiment d'être lu, il faut que je trouve d'autres bouquins de lui!

"On leur objectait qu’à l’heure du vol, Rozaine c’était démontré – se promenait sur le pont. À quoi ils ripostaient:
– Est-ce qu’un homme de la trempe d’Arsène Lupin a besoin d’assister au vol qu’il commet?"

Livre de l'auteur déjà chroniqué sur ce blog

Moi moi moi.

Après des mois de tergiversation, je mets à jour ma présentation sur ce blog. Ca m'attriste beaucoup de retirer ma définition d''heureuse humaine d'un Chat exceptionnel", mais c'est encore plus triste de lire ces mots alors qu'il n'y a plus de Chat exceptionnel...

Pour ne pas oublier, je note ici ce que j'étais jusqu'à maintenant:

Lectrice multilingue, cinéphile éclectique et chercheuse de dinosaures. Heureuse humaine d'un Chat exceptionnel. Traductrice parfois effarée mais toujours passionnée par les mots et leurs significations. Mais surtout, et avant tout, cavalière... Instable en selle mais enthousiaste. Bienvenus, bonne année... et up the Irons!

Je serai désormais:

Lectrice multilingue, cinéphile éclectique, amatrice de chats et de chevaux, cavalière, pratiquante de yoga et chercheuse de dinosaures. Dans la vraie vie, traductrice avec un chat, la Reloue, et le souvenir de mon Chat d'amour qui est parti et qui me manque. Je blogue pour ne pas oublier mes lectures et pour partager mes impressions, alors n'hésitez pas à vous exprimer!

Mise à jour de 12h30: Vous noterez que j'ai retiré "instable en selle"... C'est quand même la fête d'avoir retrouvé une assiette digne de ce nom et de ne plus rebondir systématiquement sur le dos de mon cheval comme un saucisson accroché à la selle! XD

jeudi 24 novembre 2016

The Rats in the Walls (1923) + The Outsider (1921)

Pendant que je lisais Les Rats de James Herbert, je pensais forcément à la nouvelle Les Rats dans les murs de Lovecraft, un des premiers textes de cet écrivain qui m'a donné quelques sueurs froides juste après avoir éteint la lumière au moment du coucher. Il faut dire que j'habitais seule à l'époque, dans un studio charmant mais humide et mal entretenu qui se prêtait assez bien, à sa manière, à l'horreur cosmique...


Les Rats dans les murs est un nouvelle typique de Lovecraft et de ce que je considère comme le fantastique du XIXe, même si elle date en réalité du XXe. Peut-être parce qu'elle se passe en Angleterre, dans un vieux château/manoir de famille perdu dans la campagne, et est racontée à la première personne. Le fait est qu'elle me semble venir dans la droite lignée de Poe et Maupassant. Mais c'est aussi un texte bien lovecraftien à cause des références de la fin, de la confusion qui s'en dégage parfois (le narrateur a perdu l'esprit, bien sûr!), du côté un peu répugnant de la chose et de son style unique. Personne ne sait manier l'ensemble "adverbe + adjectif"' en anglais comme Lovecraft, je vous le dis!

"a tragedy of intensely hideous, though largely unexplained, nature"

D'ailleurs, Lovecraft est le roi de l'adjectif tout court, il est vraiment trop fort pour choisir le petit mot qui va bien pour montrer combien tout est sombre, sordide, répugnant, dangereux: "frightened reticence and cloudly evasiveness", "the hideous tale of Mary de la Poer", "a subterraneous world of limitless mystery and horrible suggestion". Et puis, qui d'autre pour employer, en anglais, autant de mots d'origine latine, comme "subterraneous" ci-dessous et "antideluvian"? :D Ca donne un coté archaïque à son écriture et c'est parfait pour ces textes où l'on entrevoit des choses terriblement anciennes – dangereusement anciennes pour tout dire.

Les Rats dans les murs est (à mes yeux, évidemment) diablement efficace; je trouve que l'atmosphère est très bien posée et qu'il y a réellement de quoi perdre la tête une fois qu'on s'enfonce dans les ténèbres du souterrain découvert par notre narrateur sous la demeure de ses ancêtres anglais. Et puis il y a ce dernier paragraphe brillant, absolument parfait dans son crescendo, qui vous suggère indéniablement, après vous avoir redirigés un instant vers la thèse de la folie, que c'est bien vers la thèse du surnaturel qu'il faut pencher...

Les rats ne sont pas très présents dans cette nouvelle, mais ils contribuent nettement à l'atmosphère et je les ai trouvés plus inquiétants que chez Herbert...


The Outsider est quant à lui un de mes textes préférés de Lovecraft, raison pour laquelle je l'ai relu cette fois-ci encore. Je crois que la chute devient claire assez vite pour un lecteur aguerri, mais c'est l'atmosphère étouffante et gothique de damnation éternelle qui me plait.

"I know not where I was born, save that the castle
was infinitely old and infinitely horrible;
full of dark passages and having high ceilings
where the eye could find only cobwebs and shadows."

Comment résister à ça? C'est Halloween tous les jours dans un endroit pareil, c'est Entretien avec un vampire dans la crypte des Contes de la crypte...

Ca fait toujours du bien de relire Lovecraft en tout cas; ça me rappelle ce que j'aime stylistiquement, ça donne le petit frisson que j'aime tant pendant la mauvaise saison et pour tout vous dire ça me rappelle même ce que j'aimerais, moi, écrire! Je devrais vraiment me caler une nouvelle de lui de temps en temps dans mon programme de lecture...

Précédemment sur ce blog...
Je vous ai déjà parlé de Lovecraft ici 

lundi 21 novembre 2016

The Rats (1974)

Un peu d'horreur en ce mois de novembre... Pour profiter du mauvais temps et des nuits longues...

J'ai lu James Herbert il y a très très longtemps, quand j'avais quinze ans, avec La Conspiration des fantômes, un livre qui m'avait franchement traumatisée. Je pense que j'étais trop jeune (dans ma tête du moins!) pour lire quelque chose de vraiment morbide et surtout trop "innocente" pour l'aspect sexuel de la chose. Encore maintenant, je ne peux penser qu'avec un gros malaise au viol perpétré par un fantôme...

Mais bon Herbert est très connu, Les Rats est son livre le plus connu et je suis tombée sur cette belle édition à 4€ dans le coin "fins de série" d'une librairie de Dublin, je ne pouvais pas passer à côté.


Cette histoire d'invasion de rats mangeurs d'homme dans l'East End de Londres se lit vite et facilement, comme me l'avait d'ailleurs signalé Tigger Lilly, et n'est pas si effrayante que ça. Bien sûr, ces rats géants et intelligents provoquent un peu d'inquiétude, notamment avec la manière dont ils regardent fixement et étudient les gens... Mais ça n'empêche pas non plus de dormir. C'est plutôt de l'horreur sanguinolente. On grince un peu des dents en voyant les gens se faire dévorer vivants par une horde de rats puants.

Il y a néanmoins un aspect intéressant, qui est de donner le pouvoir à une bestiole que les sociétés modernes ignorent assez royalement: le rat planqué dans les égouts, qu'on ne voit jamais mais qui est rapide et intelligent, se reproduit rapidement, connaît le sous-sol bien mieux que nous et voit dans le noir. La force brute du nombre en quelque sorte, vu les multitudes de vermine qui font leur apparition! Il y a une vraie peur ancestrale à exploiter ici. Ça n'a pas tout à fait pris avec moi car ma vision du rat tient plus de Ratatouille. Je trouve ça mignon. Il m'est difficile donc d'imaginer des rats diaboliques avec de grandes dents. Mais il y a vraiment quelque chose d'intéressant.

En revanche, le livre présente un aspect humain très marqué qui m'a surprise et que j'ai beaucoup apprécié, avec une multitude de personnages bien croqués en peu de pages, auxquels on a réellement le temps de s'attacher avant qu'ils vu qu'ils ne disparaissent en hurlant sous les corps poilus. Le héros est un peu banal mais sympa, c'est le héros ordinaire qui se retrouve confronté à une situation ingérable et fait de son mieux pour faire face. Je n'ai pas ressenti une grande empathie pour lui cependant, j'ai vraiment été plus marquée par les personnages secondaires qu'on rencontre juste avant qu'ils ne meurent.

Un autre aspect intéressant: l'East End des années soixante ou soixante-dix est presque post-apocalyptique, puisqu'on y trouve encore des zones ravagées par les bombes de la Seconde Guerre mondiale. L'attaque des rats contre les SDF et les quartiers défavorisés prend d'ailleurs clairement une dimension métaphorique. La vermine ravage les lieux défavorisés dont la municipalité ne veut pas s'occuper, les pauvres meurent les premiers.

Une critique maintenant: la vision de la femme dans ce livre est sidérante. Je pense notamment à l'attaque du collège où enseigne le héros. Les collégiennes "risquent de devenir hystériques" ou "sont au bord de l'hystérie", le héros conseille aux autres profs de "réunir les filles à l'abri et de demander aux garçons d'aider les profs". Lors de l'attaque du métro, les deux femmes quittent leurs pensées, entièrement consacrées à des hommes et à l'amour, pour s'en remettre au passager mâle situé le plus près d'elles, qui va les guider et les sauver. Quant à la compagne du héros, elle n'est pas cruche mais ne prend aucun rôle actif dans l'intrigue et est complètement en retrait – sauf quand il s'agit d'explorer "the little mound of hair between her thighs" et de caser des scènes de sexe qui ne servent à rien...

Dommage aussi pour la fin. On n'a pas trop d'explication sur ce rat blanc bicéphale qui représente le sommet de l'horreur mais sort on ne sait trop d'où. J'aurais aimé en savoir plus sur les nouveaux rats et leur intelligence, ça aurait pu donner une touche plus effrayante à la fin.

Les Rats a été suivi de deux autres romans, que je ne pense pas lire malgré le plaisir que j'ai eu à lire celui-ci. Les résumés de Wikipédia me laissent en effet croire qu'il y a eu beaucoup de redite.

Un petit mot, enfin, sur l'état du bouquin: la librairie devrait peut-être faire attention à ses locaux, on dirait bien que mon exemplaire a été grignoté... Comme si des rats étaient passés par là...

vendredi 18 novembre 2016

Pour l'amour de Finette (1983)

Tombée sur une histoire de chats de Remo Forlani d'occasion, je n'ai pas hésité car j'avais beaucoup aimé Gouttière et que j'avais dit que je continuerais avec l'auteur. (Déjà trois ans depuis cette lecture, ce n'est pas possible, j'étais persuadée que c'était 2014! Où va le temps quoi?)  J'ai encore plus aimé ce livre-ci car il a une dimension plus universelle et n'a pas le petit côté "chatte amoureuse à l'excès" de la fin de Gouttière (qui m'est quand même resté en tête comme bizarre, bien que je réalise que je n'en avais pas parlé dans mon billet de l'époque!). 


Pour l'amour de Finette raconte l'histoire d'une bonne du XIe arrondissement de Paris qui se retrouve absolument seule dans son immeuble en juin 1940, tout le monde ayant fui face à l'arrivée des Allemands (notamment sa maîtresse, qui lui a ordonné de rester à son poste pour garder les biens de la famille et s'est empressée de disparaître).

En ce jour fatidique où les soldats allemands s'installent dans la capitale française, notre Adrienne entend un chat hurler dans les parages et casse la fenêtre d'un voisin pour récupérer ce chat affamé et désespéré. C'est Finette, une jolie chatte toute douce et câline avec son petit caractère. Prenant progressivement conscience des difficultés des animaux de compagnie dans le Paris occupé – par exemple avec la visite fatidique chez le vétérinaire qui euthanasie les animaux à la pelle car leurs maîtres n'ont plus de quoi les nourrir et ne veulent pas les laisser mourir de faim, passage qui m'a juste glacé le sang –, Adrienne commence à sauver des chiens et des chats et se décarcasse pour leur trouver de quoi manger. Une démarche qui la mènera tout de même à rejoindre la Résistance!

Un livre profondément humain, drôle, touchant et engagé à la fois, qui aborde plein de choses terribles avec une simplicité et une justesse uniques. Encore une fois, j'ai clairement pensé à Cavanna et à sa manière tellement simple et juste de voir le monde et de dire sans peur "les cons, ce sont des cons", mais Forlani le fait avec plus de gentillesse et sans crier, ce qui est aussi bien.

Le prisme de l'animal de compagnie est vraiment génial pour étudier l'être humain et voir ses différentes facettes: de ceux qui se sont engagés en faveur de la cause animale à un moment où la cause humaine était en piteux état, à ceux qui ont juste continué leur vie tant bien que mal, à ceux dont le comportement a été aussi abject avec les animaux qu'avec les hommes.

À la fin, j'ai cru comprendre que ce livre est tiré d'une histoire vraie, que Remo Forlani a vraiment rencontré Adrienne des années après la guerre. Si c'est vrai, ça redonne un peu foi en l'humanité. :)

mardi 15 novembre 2016

Il tribunale delle anime (2011)

Chronique express!

Gaffe aux divulgâcheurs!

Chat et bouquin sur carton grignoté.

Un autre thriller de Donato Carrisi, le célèbre auteur du Chuchoteur. Une histoire d'enlèvements avec une société secrète de prêtres qui enquêtent sur des meurtres et reçoivent les confessions de criminels. Une lecture un peu bof. Les défauts stylistiques du Chuchoteur sont à nouveau présents mais ne sont pas compensés par les découvertes glaçantes de l'intrigue. Du coup, le processus tient moins en haleine, même si je me suis posée pas mal de questions. Et puis, il y a clairement de la redite, avec ces mises en scène qui réunissent des victimes et leurs bourreaux pour que les premières se vengent (dans Le Chuchoteur, chaque petite fille enlevée permettait de découvrir un crime dont la police n'avait pas conscience) ou l'apparence inoffensive du kidnappeur (un prêtre, dont les victimes ne se méfient pas à cause de sa soutane, tout comme personne ne se méfiait du kidnappeur dans Le Chuchoteur parce que c'était une femme). Même la chute, le fait qu'on découvre que l'un des gentils est en réalité le coupable, est la même! Je ne pense donc pas continuer avec Donato Carrisi, qui ne m'a vraiment pas convaincue cette fois-ci.

samedi 12 novembre 2016

La gamelle d'octobre 2016

La gamelle arrive un peu tard ce mois-ci car je voulais d'abord mettre en ligne les chroniques des livres lus courant octobre. :)

Malgré mes deux semaines de vacances, le bilan du mois n'est pas énorme. Je ne sais pas comment faire pour avoir le temps de faire des trucs. :/

Sur petit écran

Des bouts de l'Agence tous risques en Irlande... Des bouts de Benjamin Gates 2... Certainement des bouts d'autres trucs que j'ai oubliés! :)

Sur grand écran

Les sept mercenaires d'Antoine Fuqua (2016)
Remake d'un western des années soixante, lui-même inspiré d'un film japonais des années cinquante. Le film n'a rien d'exceptionnel mais passe bien parce que c'est un western. La même histoire au XXIe siècle m'aurait ennuyée ferme, mais avec des bottes, des chevaux, des revolvers, des plaines et des Indiens, j'ai adhéré le temps de la séance.
Deux choses que je ne veux pas oublier:
- le titre original est The Magnificent Seven, ce qui m'a soudain fait prendre conscience de la référence du titre The Hateful Eight de Tarantino (évidemment, j'avais compris la référence de Les huit salopards, mais la partie anglaise, pas du tout!);
- le seul personnage féminin du film se balade pratiquement les seins à l'air. Son décolleté est tellement plongeant qu'on voit le soutien-gorge. Alors que c'est une "femme respectable" de l'époque. À la fois super sexualisant et super crédible, donc; ça m'a trop énervée.

Jack Reacher - Never go back d'Edward Zick (2016)


La suite de Jack Reacher, une belle surprise sortie il y a quatre ans (2012, l'année où a commencé mon actuelle passion pour Tom Cruise). J'ai bien aimé et, après un début un tout petit peu forcé, j'ai retrouvé ce que j'avais aimé dans le premier: le héros peu causant, le rythme assez lent ou délibéré, la violence très plausible, les combats lents et durs très éloignés de ce que le cinéma propose actuellement (ici, chaque coup porte, les gens qui se bastonnent ont des bleus et la souffrance, si elle n'est pas étalée, est prise en compte). Ajoutez à cela que l'héroïne court aussi vite que le héros, se bat pratiquement aussi bien, n'a pas besoin d'être sauvée, n'a pas de décolleté scandaleux et ne couche pas avec le héros, et que même le personnage féminin secondaire n'est pas un boulet, et vous avez une spectatrice heureuse, même si la "fraîcheur" du premier, liée à la découverte absolue qu'il constituait, est passée.
Mon Homme ayant modérément aimé, malheureusement, son avis négatif m'a poursuivie dans mon sommeil et je me suis réveillée le lendemain fort énervée et d'avis que c'était vraiment beaucoup moins bien que le premier.
Il y a un gros plan assez long sur le visage de Tom Cruise à la fin, je l'ai regardé attentivement et il n'avait pas l'air refait... Mystère.

Du côté des séries

J'ai regardé quelques épisodes d'Inspecteur Barnaby en Irlande. :)

Mon Homme et moi avons fini la deuxième saison de Scrubs et commencé la troisième.

Et le reste

J'ai, bien entendu, lu le Cheval Mag de novembre en fin de mois.


Et puis je suis allée au Salon du Cheval de Lyon, Equita, qui est juste trop génial et enthousiasmant, et je suis partie en vacances, et puis j'ai eu des cours d'équitation vraiment très stimulants, donc c'était cool!