vendredi 26 août 2016

UGC Culte: Total Recall (1990)

Chronique express!


J'ai enfin vu ce célèbre Total Recall de Paul Verhoeven, film avec Schwarzenegger dont j'ai beaucoup entendu parler à l'occasion de la sortie du remake avec Colin Farrell il y a quelques années. C'était très sympa et très drôle (Schwarzenegger avec sa serviette mouillée sur la tête...), un vrai film qui n'a pas peur d'en faire trop (le célèbre "too much"). Quand j'ai vu la naine en porte-jarretelles se saisir d'une arme à feu, je me suis dit que Tarantino doit a-do-rer ce film... :D La charmante patine des années quatre-vingt rajoute au charme bien sûr, mais vraiment c'est un film très sympathique en soi. L'histoire est assez éloignée de la nouvelle de Dick mais aussi assez fidèle, on retrouve des points communs dans la thématique même si la nouvelle n'est pas du tout une histoire d'action. J'ai découvert avec étonnement qu'il y avait Sharon Stone dans ce film et elle tient son rôle plutôt bien. Son personnage, Lori, est certes aguicheuse au début mais aussi super bagarreuse, et l'autre perso féminin, Mélinda, n'a besoin de l'aide de personne. Quand elles se battent entre elles, elles se battent vraiment, ce n'est pas le grotesque "combat de filles" qui dégénère en corps-à-corps sexy, et elles ne poussent pas de petits cris orgasmiques toutes les cinq secondes... Qu'est-ce qu'Hollywood a régressé depuis! :/


mardi 23 août 2016

Historia de una gaviota y del gato que le enseñó a volar (1996)

Chronique express!


J'ai déjà lu deux fois cette Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler de Luis Sepúlveda, mais j'avais besoin d'une lecture simple pour me repencher sur l'espagnol que j'ai complètement abandonné il y a deux ans (rien lu dans cette langue depuis Todo bajo el cielo). Cette nouvelle "pour jeunes de 8 à 88 ans" est un vrai bijou, je recommande chaudement à tous les parents et enseignants de la faire lire à leurs enfants et élèves. C'est profondément humain et bon et ça met du baume au cœur, sans pour autant être trop naïf puisqu'on y parle de la dégradation de l'environnement et de la mort. C'est un vrai roman d'initiation sur le passage à l'âge adulte et la prise de responsabilité, un vrai conte moderne en somme. Et puis il y a des chats, les chats du port, et c'est toujours bien quand il y a des chats, surtout quand ils sont rigolos et sympathiques comme ici. Mais le meilleur, bien sûr, c'est Zorbas, "mon héros" comme je l'ai dit en balbutiant à Sepúlveda en personne au Salon du Livre de 2013, ce chat "grand, noir et gros" qui voit atterrir une mouette mourante sur son balcon et qui lui promet de ne pas manger l’œuf qu'elle va pondre avec ses dernières forces, de prendre soin du poussin et de lui apprendre à voler... ♥

PS: Ma reconnaissance éternelle à mes neurones qui m'ont permis de lire ce livre sans difficulté particulière alors que je ne travaille pas mon espagnol depuis deux ans... :)

samedi 20 août 2016

Troy (2004)

Je me demande depuis dix ans pourquoi personne n'adapte David Gemmell au cinéma, mais en fait, c'est comme si c'était fait: Troie de Wolfgang Petersen est un film purement gemmellien! :D


Certes, le fait que j'aie regardé ce film juste après avoir lu la trilogie de Troie de Gemmell m'a peut-être influencée, mais vraiment j'y ai retrouvé le même genre de personnages, d'intrigues, de situations et même de répliques que dans les bouquins de Gemmell.

J'avais déjà vu le film au cinéma lors de sa sortie et je l'avais revu sur petit écran en 2007, mais je ne m'en souvenais guère. Ça a été de la pure hystérie.

Bon, je dois quand même dire que j'ai relevé un gros point faible: le couple Pâris-Hélène. Orlando Bloom est complètement à côté de la plaque la moitié du temps, et Diane Kruger ne fait qu'avoir l'air triste, c'est juste insupportable. On peut aussi s'interroger sur la pertinence des personnages féminins, entre Hélène qui se met à poil au bout de deux minutes, Briseis qui couche avec Achilles une minute chrono après avoir essayé de le tuer et Andromaque qui a toujours son mioche au bras............. Heureusement, Briseis a un peu plus de relief que les deux autres et sauve l'honneur [spoiler] en tuant Agamemnon[fin spoiler].

Mais sinon, à part ça et de toutes petites erreurs pendant des combats (genre Ajax repousse un mec et on voit bien que son opposant fait de la figuration), j'ai ju-bi-lé.

C'est le pur film de guerriers fait pour des gens qui ont envie de voir des gens se battre pour la gloire et l'immortalité, avec des épées bien sûr – si c'était avec des armes à feu, ce ne serait pas aussi épique.

Les combats sont vraiment super, aussi bien entre armées qu'en face à face entre guerriers. J'ai trouvé le tout très crédible, plus que d'habitude, et très bien chorégraphié pour ne pas sembler, justement, chorégraphié. Bien sûr, Achille est le plus balaise et ses combats ont été particulièrement soignés pour allier la force brute et l'agilité (j'ai d'ailleurs eu l'impression que Brad Pitt n'était pas doublé?), mais Hector n'est pas en reste et Ajax a quelques plans bien bourrins.


Le point fort de ce film, de toute façon, c'est le personnage d'Achille, qui est torturé et insensible à souhait et porté par un Brad Pitt aussi génial que d'habitude. Ce regard quand il traîne le corps d'Hector devant les remparts de Troie, c'est fou...... Brad Pitt est vraiment unique quand même, donner de la profondeur à ce genre de personnage n'est pas donné à tout le monde. Hector / Eric Bana est vraiment super aussi, je me suis énormément attachée à lui, et il y a quelques rôles secondaires sympathiques comme Ulysses / Sean Bean.


Notons aussi que le film se veut relativement réaliste (même si on peut toujours reprocher des incohérences et des trucs pas plausibles bien sûr) puisqu'il n'y a ni magie ni dieux à l’œuvre. Et tenez-vous bien, il y a du sang sur les lames... C'est tellement rare qu'il faut le dire! :D

Bien sûr, le fait qu'il y ait des épées partout et quelques jolis chevaux (des vrais, pas des images de synthèse, ce qui est toujours tellement mieux) a tendance à m'envoyer en transe dans tous les cas, mais vraiment j'ai trouvé que ce film était le haut du panier en matière de film à grand spectacle. Je vous renvoie aussi vers l'avis de Lorkhan, moins enthousiaste mais juste, pour que vous en sachiez plus. J'aurais aimé voir la version longue moi aussi, d'ailleurs. :(


Pour finir, la remarque superficielle qui sert à rien mais qu'on ne peut pas s'empêcher d'avoir:
Mesdames et messieurs homosexuels, ce film est un vrai régal pour les yeux, Brad Pitt est trop scandaleusement beau tout du long et lui, Eric Bana et Orlando Bloom apparaissent à moitié ou aux trois-quarts nus. :D

La réplique que je ne veux pas oublier: 
Achille qui dit à Hector "You won't have eyes tonight; you won't have ears or a tongue. You will wander the underworld blind, deaf, and dumb, and all the dead will know: This is Hector, the fool who thought he killed Achilles."

mercredi 17 août 2016

Les vrais bonheurs (2005)

Chronique express!


Un livre emprunté dans la maison de vacances d'une amie. Le titre me parlait et j'avais bien aimé Une si belle école du même auteur. Je suis tombée sur un très joli mot de la personne qui a offert ce livre à la mère de mon amie et voilà, je suis repartie avec. Mais Les vrais bonheurs, encore plus que Une si belle école, est un hymne aux "C'était mieux avant". Chapitre après chapitre, Christian Signol parle de ses vrais bonheurs (par exemple les longs soirs de juin et les fleurs sauvages) en décrivant ce qu'ils ont de beau, ce qu'ils lui rappellent. La démarche est jolie, mais n'est pas portée par un style tellement élégant – il y a certes de l'envolée lyrique, mais rien de vraiment pertinent, c'est de l'envolée lyrique grand public – et tombe vite dans le culcul et le nombrilisme. On a un peu l'impression que plus personne, aujourd'hui, n'a le bon sens d'apprécier le bruit du vent dans les feuilles ou la compagnie d'un chien fidèle, à tel point qu'on a besoin que Christian Signol nous raconte ce qu'il faisait quand il était enfant, à la campagne, avec ses grands-parents, quand il tirait l'eau du puits et qu'on entendait les cloches sonner dans les champs, et que les gens avaient des vrais valeurs et qu'on fauchait les champs l'été et qu'il y avait plein de senteurs de campagne dans l'air. Malgré quelques passages plus réussis, le résultat est trop simpliste, trop grand public "vieille France" et nostalgique. Dans le même genre, je garde un bien meilleur souvenir de La première gorgée de bière de Philippe Delerm, que j'ai décidé de relire pour comparer. Je ne pense pas retenter du Signol du coup, tous ses bouquins (qu'il publie au rythme d'un par an depuis trente ans) ayant des titres appartenant clairement à cette catégorie "C'était mieux avant"...

dimanche 14 août 2016

Fall of Kings (2007)

Après Lord of the Silver Bow et Shield of Thunder, la trilogie de Troie de David Gemmell se termine avec Fall of Kings, le livre que sa femme Stella a terminé après sa mort.


J'ignore dans quelle mesure Stella a complété/rédigé/inventé ce tome, mais le fait est qu'on n'y voit que du feu; si je n'avais pas vu son nom sur la couverture, j'aurais bien cru avoir affaire à David Gemmell seul. J'ai relevé quelques petites erreurs à droite à gauche, comme une erreur de prénom je-ne-sais-plus-où pendant que deux personnages discutent, mais rien qui n'aurait pas pu être commis par David lui-même et zappé par un éditeur pas hyper bien organisé en termes de relecture...

Pour le reste, ce n'était que du bonheur, ou plutôt du bonheur mâtiné de terreur, de fol espoir, de jubilation, d'hystérie, de palpitations et pour finir de larmes. Toussa, oui oui... C'est l'effet que Gemmell a sur moi. :D

Mythe oblige, on sait depuis le début que Troie va tomber mais je n'ai pas pu m'empêcher d'espérer que... Et peut-être que... Et si.... Et puis Gemmell a changé des trucs, ce qui m'a fait couiner de plaisir (le combat d'Hector et d'Achille, je l'attendais tellement, il n'est pas forcément à la hauteur stylistiquement mais putain je n'oublierai jamais comment il se termine, c'est une des images qui m'ont le plus marquée chez Gemmell avec la dernière sortie de Druss de Dros Delnoch) et vraiment espérer que tout n'allait pas se terminer en désastre.

Mais entre la guerre et le temps qui passe, il a bien fallu en finir avec ces personnages que j'ai aimés, et ça a été dur, vraiment, de tourner les dernières pages. C'est un monde entier qui s'est effondré à Troie, une vraie page d'histoire qui s'est tournée, et le début de deux autres histoires tout aussi importantes – l'une en Égypte et l'autre dans la colonie des Sept Collines – n'a pas réussi à me consoler.

Ce bouquin a aussi un point fort qui a bien fait mouche chez moi, le fait que l'un des meilleurs personnages, Odysseus, soit du côté d'Agamemnon. Du coup, on a vraiment les deux points de vue de la guerre avec des personnages amis, ce qui complique un peu les choses. J'ai aussi beaucoup apprécié le fait que Achille, absent du premier tome et très antipathique dans le deuxième, prenne enfin un peu de relief et se révèle sous un jour plus positif.

Un autre élément que j'ai relevé cette fois-ci et que j'apprécie chez Gemmell: ses explications (relativement) rationnelles ou plausibles d'évènements mythiques. Il y a certes des Puissances Mystérieuses à l’œuvre dans ses livres, mais pas de reconnaissance particulière d'un système religieux par rapport à un autre, plutôt l'idée que l'homme est dépassé par certaines choses et ne peut les connaître. Bref, un point de vue agnostique, ce qui convient assez bien à l'athée que je suis.

Je me demande parfois ce qu'il faut penser de ses personnages féminins, qui sont très forts moralement mais peu enclins au combat et souvent caractérisés par leur beauté. Bon, dans le cas de Troie, il aurait pu être difficile de mettre en scène des guerrières dans un monde historique que l'on connait. Mais je me suis demandée si c'était bien valorisant pour ces jeunes femmes d'être toujours à attendre les nouvelles de la guerre, d'être presque toujours marquées par le viol et presque systématiquement mères et de ne se battre – si jamais elles se battent – qu'à l'arc. Mais bon. Ca reste une grande faiblesse du monde de la fantasy en général. Et ici, au moins, Andromaque est vraiment couillue, c'est un de mes personnages préférés.

Je ne vous ai rien dit sur l'histoire parce qu'on la connait déjà... Dans la première partie, les forces en présence posent leurs derniers pions et quelques personnages se déplacent sur la Méditerranée. Puis, dans la deuxième partie, Agamemnon et les rois de l'ouest arrivent aux portes de Troie et commencent le siège le plus célèbre de l'histoire. C'est d'ailleurs fou combien ces vieux mythes grecs de héros divins et de combats à la gloire éternelle conviennent parfaitement à l'univers de Gemmell.

Photo tordue, désolée! ^^

Et voilà, Troie c'est fini et ses héros sont allés rejoindre ceux des Drenaï dans mes étagères. J'ai tellement hâte de revoir le film de Wolfgang Petersen et de relire du Gemmell, je suis complètement hystérique.

mardi 9 août 2016

UGC Culte: Pulp Fiction (1994)

Chronique express!


Bon, j'avoue, je dis tout le temps que je n'aime pas Tarantino, mais je comprends mieux ce que tout le monde lui trouve maintenant que j'ai vu Pulp Fiction. Après un début un peu difficile, je me suis bien éclatée à partir du moment où Uma Thurman entre en scène. Il y a quelques scènes mémorables et j'ai beaucoup apprécié certains personnages (Mia, Vincent, Wolf). Mais j'ai surtout bien rigolé... Je pense à Uma Thurman qui se réveille avec une seringue dans le cœur et j'en ris encore. ^^ C'est un film un peu barré qui assume son délire et ose aller jusqu'au bout, ce qui n'a pas été sans me rappeler True Romance (mais Pulp Fiction est plus drôle et donc plus facile à appréhender). J'aime bien les gens qui osent aller jusqu'au bout même si je ne suis pas à 100% dans le trip et je comprends qu'il ait séduit son public et soit devenu une espèce de monstre sacré. Une belle découverte donc, et puis c'était cool de le voir au cinéma, merci UGC.


samedi 6 août 2016

Bête et méchant (1981)

Comme toujours, ce bouquin de Cavanna est aussi drôle qu'émouvant, aussi jubilatoire que perturbant; il y a cette rédaction inimitable, ce style plein de vie, une énergie unique et un franc-parler incroyable, mais aussi plein de choses tristes et de regrets.


Bête et méchant est le troisième tome de son cycle autobiographique et raconte l'après-guerre puis les années cinquante et soixante. Donc, déjà, les gens qui reviennent traumatisés d'Allemagne, ce n'est pas la joie. Mais la vie reprend, avec sa dose d'hypocrisie nationale et bien-pensante, et Cavanna s'est tourné vers le dessin et le journalisme. Il a connu l'amour (Liliane, trop touchante) et perdu son père (quelle tristesse, cette mort, vraiment c'était terrible), qui aura parlé jusqu'au bout son patois de Rital tellement particulier (quelle nostalgie pour moi que de lire cet entre-deux absolu, un langage encore plus italien que le français à accent que parlait ma mère...).

Et puis Cavanna a rencontré des gens, ils ont fait des blagues et des dessins ensemble et ils ont monté un journal, et c'est triste, vraiment, de rencontrer tous ces gens quand ils étaient jeunes et fous en sachant la fin qu'ils ont fait à Charlie Hebdo en janvier 2015. Et puis, je sais, ayant lu Lune de miel, que la bande de copains n'est pas toujours restée ce qu'elle était et que Cavanna a eu ses regrets et ses peines même s'il est mort avant les attentats...

Parfois, je pense que Cavanna joue au con, je ne suis pas sure du tout que l'humour d'Hara-Kiri était aussi innocent qu'il le dit, mais leurs aventures financières (aucun revenu à part le prix du journal, Hara-Kiri ne publiant aucune publicité pour garder son indépendance) et administratives ("Il n'y a pas de censure en France") m'ont fait réfléchir à ce qu'est le journalisme. Je me demande qu'est-ce que je peux bien faire dans ma vie pour que le monde soit un endroit meilleur, moi...

Livres de l'auteur déjà chroniqués sur ce blog
Les Russkoffs (1979) (avec une citation ici et ici)