samedi 25 février 2017

Waldschrein (2014)

N'ayant toujours rien à chroniquer côté lectures, je continue à alimenter la catégorie musicale de ce blog!

Place aujourd'hui à Equilibrium, un groupe allemand de métal (black, folk, symphonique ou viking: Wiki hésite sur la chose; moi j'appelle ça du métal dansant parce que ça donne envie de sautiller sur place comme dans Lord of the Dance) qui a été mon groupe préféré de fin janvier-début février.

La chanson est Waldschrein, parce que c'est la première que j'ai entendue. Ma reconnaissance éternelle aux personnes qui l'ont jouée au concert de l'école de batterie d'un ami.

Ce que je trouve absolument génial dans ce morceau et ce groupe en général, c'est la diversité d'ambiances au sein d'une même chanson, l'espèce de mélange hyper efficace qui en ressort, l'énergie débordante et la bonne humeur que ça transmet, et puis bien sûr le côté folk et épique qui donne envie d'aller courir après les licornes dans les bois ou de se revêtir d'une armure pour combattre des chevaliers. On n'est clairement pas au XXIe siècle avec ce genre de musique!


Un aperçu dans ce que vous pourrez découvrir dans cette chanson:
0:01: Cui-cui, disent les oiseaux.
0:08: Cocorico, s'exclame le coq.
0:09: On y va on danse!
0:20: La batterie décolle, on entre dans le vif du sujet.
0:40: La mélodie commence. J'entrevois des licornes au fond des bois.
1:28: Petit entre-deux.
1:40: Aïe, du death ou du black je crois! Expérience étrange! En allemand en plus.
1:56: Épique, épique!
2:14: Plus qu'épique! Aux armes! En selle! On lance les chevaux contre l'ennemi!
2:39: Haaaaa retour de la mélodie. Je craque. (C'est du synthé?)
4:20: Là c'est sûr, il y a des licornes.

Je n'ai aucune idée de ce que raconte cette chanson vu que je ne parle pas allemand, mais qu'est-ce que ça fait du bien! 🎵😊

mercredi 22 février 2017

The Phoenix (2013)

Je suis en train de lire deux livres que je ne suis pas prête de finir et je n'ai rien à chroniquer en ce moment. Du coup, je me propose de faire un petit interlude musical histoire d'alimenter la catégorie "Rock 'n' roll" de ce blog, qui est plus que moribonde alors que, bon, techniquement le sujet est censé être l'un des trois thèmes de ce blog. Hm hm.

Place donc à Fall Out Boy, mon groupe préféré depuis jeudi ou vendredi dernier. Je ne comprends pas pourquoi je ne découvre l'existence de ce groupe que maintenant alors qu'ils sont actifs depuis 2003; je pense que l'univers m'a joué un sale tour pendant toutes ces années.

Pour l'instant, je n'ai écouté que deux albums, Save Rock and Roll et American Beauty/American Psycho. Save Rock and Roll est génialissime et je l'écoute à peu près toutes les trois heures. J'adore les changements de rythme et de voix, les chœurs, cette modeste influence qui me semble venue du rap et puis les paroles relativement obscures mais déterminées, combattives, un peu torturées...

En fait on est quelque part entre Maroon 5, One Republic et Linkin Park. Ou Papa Roach. Un truc d'une efficacité redoutable. J'ai envie de sauter partout et croyez-moi, je n'ai jamais fait mes exercices de kiné matinaux avec autant d'énergie que depuis vendredi dernier.

Je glisse ici le clip de The Phoenix parce que c'est cette chanson qui m'a fait tendre l'oreille et qu'elle ouvre Save Rock and Roll avec brio. Dommage que le clip n'ait aucun intérêt (à part rigoler en voyant le chanteur continuer à chanter alors qu'on lui a coupé la main et qu'on semble l'éventrer, lol).


Et le passage qui me fait rêver:
"You know time crawls on when you're waiting for the song to start,
so dance alone to the beat of your heart..."

PS: Point de vue classement, Wiki range Fall Out Boy dans les catégories pop punk (je ne suis pas d'accord), pop rock (ok), emo pop (pas d'opinion) et emo (pas d'opinion). Mais je vais demander son avis à une pro de la chose et je vous dirai plus tard ce que c'est. ^^ 

Mise à jour du 27: La pro de la chose confirme cette classification et précise même l'étiquette "punk californien"! C'est trop fou!

dimanche 19 février 2017

Blogger Recognition Award

Petite parenthèse avec un tag qui s'est baladé chez plusieurs amis blogueurs. Je l'aime bien parce qu'il permet d'en apprendre un peu plus sur les copains. 😊

1. Remercier la personne qui t'a nominé(e) et mettre un lien vers son blog
C'est Vert qui m'a taguée. 😃 Merci pour cette opportunité de parler de ma petite personne et merci d'avoir répondu, c'est vraiment très sympa de lire l'histoire du blog! 😃 Vert officie sur Nevertwhere et elle répond au tag ici.

2. Écrire une brève histoire du blog
Bon, j'avais commencé par raconter toute l'origine de mon ancien blog, mais en me relisant j'ai réalisé qu'on me demandait une "brève" histoire de ce blog, je vais donc passer directement au sujet...
... Début 2011. Mon blog perso végète. Je suis terriblement frustrée, depuis deux ans, par l'évolution de ma vie; je me défoule sur le blog et je suis encore plus frustrée, après, parce que personne ne peut/veut m'aider.
Et puis un jour, en surfant sur un blog que j'ai oublié, je découvre l'expression "pile à lire" et décide de découvrir grâce à Google quel âge a cette expression. J'imagine que je cherchais à voir si c'était une traduction de l'anglais ou une évolution francophone spontanée... Une petite déformation professionnelle, quoi.
Quand vous tapez "pile à lire" dans Google, Google sort aussi des images, forcément. Et PAM. J'ai découvert la blogo littéraire. Je me suis perdue dans les billets de gens débordés de bouquins. Genre ici. (Attention, Tigger Lilly, possibilité de "coup de vieux" violent...) Et comme je suis  une grande originale, j'ai décidé de faire pareil. J'ai perdu quelques mois à regarder les photos des autres et réfléchir à mon nouveau nom de blog puis j'ai ouvert ce blog par un incipit, il y a presque six ans!

3. Donner un ou deux conseils pour de nouveaux blogueurs
LOL. 😆 Considérant que le profil FB que j'ai créé pour ce blog a 14 (quatorze, oui, quatorze!) amis, dont 3 (trois) (deux écrivains et un dessinateur) que je n'ai ajoutés que parce qu'ils n'ont pas de page à suivre, et que ce blog doit recevoir la visite de genre 7 personnes par jour à tout casser, je crois être mal placée pour donner des conseils! 😜😅
Donc mon seul et unique conseil sera: bloguez! Même si personne ne vous lit! C'est enrichissant de rédiger ses avis, ça leur donne du corps, et surtout ça pallie les problèmes de mémoire. Et les blogs des autres regorgent d'idées de lecture et de pistes de réflexion; ils sont autant de mondes à découvrir. S'il y a un truc que je ne regrette pas dans ma vie, c'est bien d'avoir ouvert ce blog; il a énormément enrichi mon expérience de lecture.
 
4. Sélectionner 15 autres blogs
Alors je ne connais pas quinze blogs, donc ça va être compliqué. 😱 Je renvoie la balle à Oukoulou parce que j'ai envie de savoir d'où elle vient et puis à Tigger Lilly pour lui mettre la pression et l'inciter à répondre. Mais n'hésitez pas à le reprendre si leur cœur vous en dit! 💝

Les réponses que j'ai déjà lues chez les copains:
Lhisbei
Lorhkan
Shaya
Vert
(Et n'hésitez pas non plus à me signaler votre participation si elle n'apparaît pas ici, je suis très étonnée de n'avoir que trois réponses à relayer!)

jeudi 16 février 2017

Wolf In Shadow (1987)

Comme les fidèles lecteurs de ce blog le savent déjà, j'aime beaucoup David Gemmell et je suis toujours ravie de me pencher sur ses livres au fil de mes trouvailles en bouquinerie. Le monsieur a été prolifique, même si l'on sait que la qualité de son œuvre est variable, et il y a donc de quoi faire!


Wolf In Shadow est un livre tout à fait différent de ce que j'avais lu jusqu'à présent, à savoir le cycle des Drenaï et la trilogie de Troie. C'est en effet du post-apo! Oui, oui, du post-apo le plus pur. Un contexte très original pour l'auteur et qui donne vraiment le vertige. Dans ce monde complètement chamboulé par des cataclysmes naturels et, probablement, quelques explosions nucléaires, notre civilisation moderne a complètement disparu. L'ambiance est au western et les chevaux ont repris la place des voitures. Des bandes de brigands hors de contrôle pillent les campagnes. Certaines régions ont une réputation douteuse, on y trouverait des monstres gigantesques ou des cannibales... Et dans tout cela, un homme, John Shannow, chevauche en solitaire, la Bible à la main, en abattant les brigands qu'il rencontre et en cherchant désespérément Jérusalem.

Comme dans tout livre gemmellien, face au guerrier redoutable et plus ou moins hanté par son passé ou désespéré se dresse le danger du chaos: c'est ici Abadonn, déterminé à conquérir le monde avec son armée pour la plus grande gloire de Satan. L'Armageddon ayant entraîné la fin du Dieu chrétien n'est-il pas, en effet, la preuve que Satan est le véritable seigneur de l'univers?

En dehors de ce contexte vraiment étonnant, Wolf In Shadow est assez classique pour l'auteur; on y retrouve des figures typiques (j'ai déjà cité le guerrier solitaire, on pourra aussi penser au fermier qui prend les armes après le massacre de sa famille et la destruction de ses terres ou encore au mauvais brigand qui trouve son honneur et change de camp en acceptant de mourir pour tenir un col stratégique face à une armée invincible) (tt tt, suivez mon regard...) et un découpage assez habituel, qui permet de découvrir progressivement toutes les forces en présence mais qui s'accélère malheureusement à la fin, à tel point que j'ai eu l'impression que Gemmell bâclait un peu. Et puis cette fin est peut-être trop abracadabrantesque tout de même. Même moi qui adore le Titanic, j'ai eu l'impression que c'était un peu fort de lui faire reprendre le large... (Oui, oui, vous avez bien lu...) Le traitement des personnages féminins est également assez classique; les femmes sont peu nombreuses et associées aux enfants ou aux pouvoirs psychiques et elles ne semblent pas songer à prendre les armes dans ce monde en guerre.

Moralité, faut-il lire ce livre ou pas? Et bien je pense que oui si vous aimez l'auteur et avez envie de changer d'univers. Si vous ne le connaissez pas, mieux vaut commencer, comme  je le dis toujours, par Légende qui est vraiment son plus célèbre roman, ou par Troie qui est nettement plus complexe et articulé. (Si vous n'aimez pas Gemmell, inutile d'insister, que ce soit avec celui-ci ou un autre!)

Passons maintenant à la grande question que je me suis posée tout du long et qui a dû sauter aux yeux de la moitié des lecteurs de ce blog assez rapidement: Gemmell a-t-il lu La Tour Sombre? En effet, impossible de ne pas penser à Rolland de Gilead et sa quête de la Tour Sombre quand on découvre John Shannow en cavalier solitaire à la recherche de Jérusalem. Les deux quêtes se déroulent dans un monde western post-apo possédant encore des lambeaux de religion chrétienne, il y a des mutants et la vie est bien plus difficile qu'à notre époque... Les ressemblances sont telles qu'il me semble impossible qu'il s'agisse d'une coïncidence. Toutefois, j'ignore si The Gunslinger avait été beaucoup diffusé pendant ses premières années; peut-on supposer que Gemmell l'aurait lu suffisamment rapidement pour le reprendre à sa sauce en 1987? Toute info fiable sur le sujet m'intéresse.

On peut aussi voir dans le personnage du cow-boy citant sa Bible à tout bout de champ un clin d’œil à Solomon Kane, mais je dois cette référence-ci à mes rapides recherches sur le roman; elle ne m'est pas venue à l'esprit pendant ma lecture car Solomon Kane se bat contre des créatures maléfiques dans notre monde à nous tandis que Jon Shannow pourrait aussi bien être sur une autre planète tellement la face du monde a changé durant l'Armageddon...

Gemmell a consacré deux autres romans à Jon Shannow et le grand thème de ce livre, les Pierres de Pouvoir, couvre aussi deux autres romans reprenant la légende arthurienne. Je ne manquerai évidemment pas de les lire quand j'en aurai l'occasion. ^^

Livres de l'auteur déjà chroniqués sur ce blog

lundi 13 février 2017

Tales of Twilight and the Unseen (1922)

Tales of Twilight and the Unseen est le deuxième recueil de nouvelles d'Arthur Conan Doyle que j'ai acheté à Dublin en octobre dernier, avec Tales of Terror and Mystery. Captivant et agréable comme tout ce qui vient de Doyle, il mélange savamment les ingrédients fantastiques et scientifiques ou pseudo-scientifiques pour créer de belles ambiances mystérieuses. On n'aura guère peur en lisant ces textes, mais l'assurance de passer un bon moment.


The Brown Hand (1899)
Une histoire de fantôme sympathique, sans forcément de grande originalité mais plaisante dans son atmosphère tellement classique.

The Usher of Lea House School (1899)
Un mistery plutôt qu'une histoire fantastique. Un professeur de latin et d'anglais, nouvellement recruté dans un institut pour garçons, se demande pourquoi diable le directeur accepte que l'enseignant de mathématiques, un homme grossier et violent, se comporte comme il le fait... Ce n'est pas tant le récit en lui-même que le ton qui est plaisant ici, avec cette société si bien policée.

B. 24 (1899)
Un homme condamné pour meurtre tient à raconter son histoire à un mystérieux interlocuteur susceptible de prouver son innocence.
Je n'ai pas du tout compris le titre, si quelqu'un peut m'expliquer!

The Great Keinplatz Experiment (1885)
Une nouvelle très, très sympathique sur une expérience de spiritisme. Un éminent professeur allemand de l'université de Keinplatz, voulant prouver que l'âme est immatérielle et indépendante du corps, organise une expérience dont lui-même et son étudiant seront les cobayes. Sauf que tout ne se passe pas comme prévu. C'est Freaky Friday avant l'heure... ^^

Cyprian Overbeck Wells (1886)
La nouvelle parfaite pour tout aspirant écrivain! Tout plein de grands écrivains anglais se réunissent au chevet d'un jeune auteur qui ne sait pas quoi écrire et créent une histoire pour l'aider...

Playing with Fire (1900)
Une autre expérience de spiritisme, mais plus classique, avec une médium et une table ronde. Ce qu'il en ressortira, cependant, fera beaucoup de dégâts matériels. J'ai bien aimé cette histoire de licorne!

The Ring of Thoth (1890)
Ambiance égyptienne pour ce texte qui se passe au Louvre et qui met en scène une momie et un étrange gardien. Le narrateur, enfermé par hasard dans le célèbre musée après la fermeture, va entendre un récit bien difficile à croire.

The Los Amigos Fiasco (1892)
Si un condamné à mort ne meurt pas aussi vite que prévu avec une certaine dose d'électricité, quoi de plus sûr, pour accélérer le processus, que de démultiplier la puissance électrique utilisée? C'est ce que soutiennent les ingénieurs de Los Amigos, extrêmement fiers de la puissance de leur centrale électrique. Mais voilà que l'exécution devant faire la gloire de Los Amigos n'entraîne pas du tout les effets escomptés.

How It Happened (1913)
Un récit triste recueilli grâce à une médium. C'est du fantastique à plus proprement parler. Très prévisible et certainement déjà vu ailleurs, mais le pincement au cœur n'en demeure pas moins réel...

Lot No. 249 (1882)
Une deuxième histoire de momie en plein Oxford. J'ai peut-être moins aimé cette nouvelle que les autres, c'était très très transparent. L'ambiance reste formidable par contre.

"De Profundis" (1892)
Une histoire de bateau et d'apparition. Ou peut-être pas.

The Lift (1922)
Haha. Celle-là m'a bien fait flipper. Pas pour le très modeste élément lié au paranormal ou au spiritisme, mais pour la terrible situation dont sont victimes les protagonistes, prisonniers d'un ascenseur suspendu dans le vide. Je ne supporte pas les montagnes russes, je ne vais pas dans la Tour de la Terreur à Disney, alors imaginez mon désarroi! ^^

Directement ou indirectement, je vous ai déjà parlé de Conan Doyle sur ce blog...
Une citation rigolote quand j'ai fini de lire l'intégrale de Sherlock Holmes
Une adaptation en BD très pratique pour réviser ses classiques
Tales of Terror and Mystery (1922)

vendredi 10 février 2017

Gotland (2016)

Gotland de Nicolas Fructus et Thomas Day est un très beau recueil de trois nouvelles inspirées de l'univers de Lovecraft. Avec sa couverture épaisse, son grand format et les illustrations de Nicolas Fructus, c'est clairement un des plus beaux livres de ma bibliothèque!


Gotland de Nicolas Fructus
La première nouvelle, dans laquelle on découvre le parcours d'un certain Björn dans les entrailles de la terre, est très réussie. Elle réunit vraiment de bons éléments lovecraftiens, comme le monde souterrain incroyablement ancien et la perte de repères. J'ai beaucoup aimé. Seule réserve: un dernier paragraphe qui en fait trop et devient un peu grandiloquant. Pas de quoi ternir la nouvelle mais un peu dommage.

Forbach de Thomas Day


J'avais déjà lu ce texte lors de sa publication dans le Bifrost sur Lovecraft et je le trouve très abouti. Le fait que le récit commence en 2002 puis remonte dans le temps est vraiment bien exploité, c'est à la fois une idée originale et un outil adapté à la découverte de cette intrigue pas très réjouissante. J'y vois l'apogée du recueil et un vrai bel hommage à Lovecraft.

Mémoire des mondes troubles de Nicolas Fructus
J'ai moins apprécié ce texte, pourtant basé sur une idée intéressante et porté par des photos réussies. Il m'a semblé plus relever du "saupoudrage" que de l'esprit lovecraftien: pas de découverte progressive d'une vérité dérangeante par exemple, mais beau renfort de tentacules. HPL, à mon avis, c'est plus que des créatures douteuses... Enfin, pour tout vous dire j'ai participé à un appel à textes sur Lovecraft récemment et j'ai justement fait ça, du "saupoudrage" de Lovecraft dans un texte que j'ai envoyé "histoire de participer", alors qui suis-je pour critiquer Fructus, hein.

Une lecture enthousiasmante en tout cas, je suis vraiment très heureuse de posséder ce livre! Merci à mon Homme! Et qu'est-ce que j'ai envie de lire Lovecraft encore et encore! 😍

Allez donc voir ailleurs si Gotland y est!

mardi 7 février 2017

L'écriture comme un couteau (2003)

Premier livre relatif à mon thème de lecture pour 2017 (les œuvres d'écrivains qui parlent d'écriture), L'écriture comme un couteau est un entretien d'Annie Ernaux avec Frédéric-Yves Jeannet réalisé par mail entre juin 2001 et septembre 2002.


Au fil des questions de son interlocuteur, Annie Ernaux aborde son parcours de "transfuge de classe", son ressenti de l'écriture, son engagement féministe, les réactions engendrées par ses livres... Une lecture vraiment passionnante, je dois le dire, qui a "éclairé" rétroactivement ma lecture de ses livres. En relisant ma chronique sur Les Années, j'ai par exemple réalisé que j'avais parlé d'expérience "universelle", comme le fait Frédéric-Yves Jeannet, alors qu'elle tient à parler uniquement de "collectif", rien n'étant réellement universel.

En outre, j'avais principalement retenu la souffrance de La Place et Une femme, sans bien me rendre compte qu'Annie Ernaux parle en réalité surtout de son "élévation sociale" et de la manière dont elle l'a ressentie comme une trahison de ses origines. Pas étonnant, dans ce contexte, qu'elle ait soutenu Édouard Louis quand il a sorti En finir avec Eddy Bellegueule, même si je ne me souviens pas des détails (l'a-t-elle présenté à l'éditeur, a-t-elle défendu le livre?).

J'ai été marquée, comme toujours, par le fait qu'elle aborde son avortement avec franchise, et je retiendrai quelques constatations désolantes sur la critique "officielle" face aux femmes écrivains, par exemple la manière de réunir les femmes écrivains dans une catégorie spécifique, comme si la littérature, la vraie, l'universelle (là, universel est bien l'adjectif adéquat), était par nature masculine, ou bien le fait d'appeler l'auteure par son prénom dans un article... (Remarque qui m'a rappelé la lointaine présidentielle de 2007, j'étais tellement énervée que tout le monde parle de "Ségolène" et "Sarkozy"! 😡).

Deux réserves, toutefois, sur ce petit livre. Tout d'abord, j'ai cru détecter une certaine pose d'intellectuel dans certaines réponses; Annie Ernaux se dit très éloignée du monde de l'édition mais on sent bien qu'elle est à l'aise dans les hautes sphères. (Quant à son interlocuteur, n'en parlons pas, il aime clairement s'écouter parler et a une très haute opinion de sa propre culture!) La deuxième réserve concerne le titre, L'écriture comme un couteau. En le lisant, j'ai automatiquement pensé qu'on allait parler de la souffrance de l'écrivain écrivant. En réalité, Annie Ernaux dit que l'écriture est son arme pour réaliser sa recherche. Elle n'est pas blessée par ce couteau mais l'emploie pour disséquer son expérience et le réel. Plus précisément, elle dit: "Et l'écriture, "clinique" dites-vous, que j'utilise, est partie intégrante de la recherche. Je la sens comme le couteau, l'arme presque, dont j'ai besoin". Le titre raccourci m'a semblé, du coup, tenir plus de la phrase-choc...

Mais à part ça, c'était vraiment une lecture très intéressante; je suis beaucoup plus bavarde quand je critique mais cela ne doit pas ternir ce billet, j'ai vraiment aimé lire ce livre. Un seul conseil: je pense qu'il faut connaître un minimum l’œuvre d'Ernaux, ce serait sûrement difficile à suivre pour quelqu'un qui ne l'aurait jamais lue.